Par Hayley Miles
S’exprimant vendredi 31 juillet 2026 à Camp David, Donald Trump a qualifié l’arrivée massive de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta de « catastrophe » et d’« invasion ». Le président américain a affirmé que les scènes observées à la frontière entre le Maroc et l’Espagne paraîtraient dérisoires comparées à ce qui pourrait, selon lui, se produire aux États-Unis si les républicains perdaient le contrôle politique lors des prochaines élections de mi-mandat.
La déclaration intervient après une arrivée sans précédent de migrants, principalement marocains, par voie terrestre et maritime. Les autorités espagnoles ont d’abord estimé à environ 49 000 le nombre de personnes entrées en vingt-quatre heures, tandis que le président de Ceuta a avancé un bilan pouvant atteindre 60 000 arrivées. Des dizaines de migrants ont péri en tentant la traversée, plusieurs sources faisant état d’au moins 57 morts.
Débordée par l’ampleur du mouvement, l’Espagne a déployé des unités militaires pour renforcer la police et la Garde civile. Madrid affirme cependant qu’une grande partie des personnes entrées dans l’enclave ont depuis regagné volontairement le Maroc. Selon les autorités espagnoles, plus de 48 000 retours avaient été enregistrés vendredi, réduisant fortement le nombre de migrants encore présents à Ceuta.
Donald Trump a directement mis en cause la politique migratoire du gouvernement socialiste espagnol, qu’il juge trop permissive. Le Département d’État américain a également accusé Madrid d’avoir favorisé l’immigration clandestine par ses choix politiques, une interprétation fermement contestée par les autorités espagnoles.
Plusieurs facteurs sont pourtant avancés pour expliquer cette ruée : les difficultés économiques et le chômage des jeunes au Maroc, la propagation de fausses informations sur les médias sociaux, ainsi qu’une interprétation erronée d’une récente décision judiciaire espagnole. Celle-ci interdit les expulsions immédiates de certains migrants interceptés en mer, mais n’empêche pas leur retour à l’issue des procédures légales.
La crise nourrit également de nouvelles tensions diplomatiques entre Madrid et Rabat. Certains responsables et observateurs espagnols soupçonnent les autorités marocaines d’avoir temporairement relâché la surveillance de leur frontière, mais aucune preuve publique ne permet pour l’instant d’établir une implication délibérée du gouvernement marocain.
À quelques mois des élections américaines de mi-mandat, Donald Trump transforme ainsi la crise de Ceuta en argument de campagne. Il cherche à conforter son discours sur la fermeture des frontières, tout en présentant les démocrates comme les défenseurs d’une politique migratoire susceptible, selon lui, de provoquer une « invasion » des États-Unis.
