Par Ilyass Chirac Poumie
L’itinéraire politique de Maurice Kamto depuis sa démission du gouvernement en 2011, est un parcours de combattant ou de guerrier. Il n’y a eu aucun cadeau ou un moment de répit de la part du pouvoir. Dès la création du Mrc jusqu’à ce jour, l’homme est au four et moulin, passant par la case prison, le siège de son domicile, les déportations de la ville de Douala, entre autres.
La quête du pouvoir d’Etat juste après les indépendances, se jouait et se déjouait autour des intrigues à Paris. Il fallait l’onction élyséenne pour être président de la République. Au fil du temps, la donne change avec tout au moins le narratif politique du pouvoir français. Maurice Kamto est de toute évidence de ces acteurs politiques qui comptent effectivement s’affranchir de toute allégeance pour être en poste. Il veut, croit-on comprendre, faire allégeance à son seul peuple. Une telle posture si elle complexifie l’entrée à Étoudi n’est pour autant pas une invalidation. Le contexte politique camerounais actuel, marqué par une fébrilité perceptible des autorités, laisse une marge d’incertitude dans le champ politique. On ne peut pas tout régler à long terme par la force à outrance.
Elle connaît ses limites. Le pouvoir a un besoin criant d’entretenir un climat apaisé par le dialogue sincère avec les autres acteurs politiques. Cela devient presqu’ un impératif car la démocratie ne pourrait pas s’accommoder longtemps avec ce visage hideux où sur un moindre coup de vent, la rue est investie par la soldatesque pour mettre tout le monde au pas. A force de tirer sur cette corde, elle pourrait rompre. Le plus important aujourd’hui, qu’importe celle ou celui qui va remporter l’élection, est de convoquer une assise nationale sans tabous. Le devoir citoyen et républicain appelle à l’inclusivité de tous. La prise des lois à tête chercheuse est une solution à la petite semaine qui s’évanouit au premier couac.
Des acteurs de la trempe de Maurice Kamto, tout pouvoir a besoin de l’avoir en face pour relever le meilleur challenge, celui de l’épanouissement de son peuple. Son éviction de la liste des candidats appelés à concourir le 12 octobre prochain n’est pas à proprement parler un échec pour lui. C’est tout juste la somme des micmacs d’une démocratie camerounaise qui ne s’accommode que très peu à l’opposition, d’une opposition surtout déterminée. Exit Kamto 2025, welcome Kamto tomorrow.
