Par Zobel A Mbon
Présidée par Zenabou Mali épouse Hamadou Bakary, chef de la division des affaires juridiques et administratives au Gouvernorat du Littoral et représentant le gouverneur, la rencontre a rassemblé plusieurs administrations sectorielles contributrices : ministère de l’administration territoriale, ministère du domaine du cadastre et des affaires foncières, le ministère de l’agriculture et du développement rural, le ministère du tourisme le ministère des travaux publics et bien d’autres.
À l’ouverture des travaux , la représentante du gouverneur a salué la démarche du ministère des finances qui selon elle ne se limite pas seulement au transfert de connaissances mais aussi à la professionnalisation de la chaîne de collecte, à la sécurisation des flux financiers afin de garantir une meilleure traçabilité des recettes non fiscales inscrites dans la loi de finances 2026 .
L’enjeu est de taille. Depuis plusieurs années, les circulaires présidentielles relatives à l’élaboration des lois des finances insistent sur la nécessité de diversifier les sources de financement de l’État. Les recettes non fiscales – redevances, droits, frais d’autorisation, produits de cessions – constituent le deuxième pilier après les impôts.
Simon Onana, cadre à la Direction générale du Budget, a rappelé les chiffres clés qui révèlent qu’en 2025, les recettes non fiscales ont généré près 361 milliards de frs Cfa. Pour l’année 2026, l’ambition est de franchir le cap des 400 milliards. Pour y parvenir, le gouvernement mise sur deux leviers principaux à savoir renforcements des compétences des agents et la dématérialisation des procédures de paiement et de suivi.
D’après Simon Onana La digitalisation en cours via la plateforme e-recettes permet déjà de réduire les fuites, d’accélérer les encaissements et d’offrir une visibilité en temps réel aux ordonnateurs
Le ministère de l’Administration territoriale joue un rôle croissant. Benoît Nwala, chargé des recettes non fiscales au Minat , explique que ces ressources, instituées par la loi de finances 2025, portent sur trois filières sensibles à savoir la sécurité privée, la gestion des armes à feu et l’exploitation des jeux de hasard et d’argent.
Au-delà de l’aspect budgétaire, l’objectif est aussi régulatoire. C’est à dire l’ obligation de renouvellement tous les 5 ans des autorisations de port d’arme vise à assainir le fichier des détenteurs et à renforcer la sécurité publique. C’est un double dividende : plus de recettes, plus de contrôle.
Le secteur des jeux, en pleine expansion au Cameroun, et celui de la sécurité privée, avec plus de 400 entreprises agréées, représentent des gisements encore sous-optimisés selon le Ministère de l’administration territoriale.
À travers le séminaire de Douala, le Ministère dès finances entend doter les administrations de terrain d’outils pratiques dont les procédures harmonisées, les bonnes pratiques de facturation,l’ exploitation des données e-recettes, le contrôle post-encaissement.
La démarche s’inscrit dans la stratégie globale du gouvernement qui consiste à réduire la dépendance aux recettes pétrolières et fiscales, élargir l’assiette des ressources internes, et financer les priorités du SND30 sans alourdir la pression fiscale sur les ménages.
Après Douala, d’autres sessions similaires sont organisées dans les régions du Centre, de l’Ouest et du Nord. L’objectif étant de permettre à chaque administration s’approprie ses cibles de recettes et rende compte de manière rigoureuse.
