Par Ilyass Chirac Poumie
L’avocat Akere Muna a publié une déclaration publique après l’annonce du décès d’Anicet Georges Ekane, qu’il décrit comme une figure politique « éminente et inébranlable ». Selon lui, le communiqué du ministère de la Défense confirmant la mort du leader du MANIDEM est tombé « avec la lourdeur définitive d’une pierre tombale », après près de huit semaines de détention pour des « prétendues infractions graves ».
Akere Muna estime que la disparition d’Anicet Ekane constitue bien plus qu’une perte individuelle : c’est « l’extinction d’une flamme ardente » qui a animé le combat pour le multipartisme et l’émancipation démocratique. Il retrace leur première rencontre dans les années 1990, lors du procès de figures accusées de subversion, rappelant qu’Ekané était déjà poursuivi pour « outrage au Président ».
Dans sa déclaration, l’avocat souligne que le décès survient dans un contexte particulièrement douloureux pour le Barreau et pour le pays, entre les obsèques du bâtonnier Yondo Black et les tensions liées à la récente élection présidentielle. Il rappelle que Djeukam Tchameni, compagnon de lutte d’Ekané, demeure en détention, comme des milliers d’autres Camerounais dont il estime le nombre à plus de 3 000.
Akere Muna reproche au ministère de la Défense d’avoir admis que la maladie d’Ekané était connue bien avant sa détention. Il dénonce le refus de le libérer pour raisons médicales malgré la gravité de son état et la nécessité d’un suivi spécialisé : « Quel monstre impitoyable notre pays devient-il, pour emprisonner ses malades et leur refuser une dernière étreinte ? »
Dans un passage empreint de symbolisme, il compare le parcours d’Ekané à celui de Martin Luther King Jr. et de Moïse, estimant que le leader politique « a vu la terre promise d’un Cameroun libre » sans pouvoir y entrer. Il assure que sa lutte, son courage et sa foi continueront d’inspirer le peuple vers la justice et la démocratie.
Akere Muna conclut en adressant un message d’adieu à Anicet Ekane : sa lutte est terminée, mais sa vision demeurera le moteur de la quête de liberté.
Anicet Georges Ekane, figure politique et président du Manidem, est décédé en détention militaire dans des circonstances dénoncées par de nombreuses personnalités politiques, organisations et acteurs de la société civile. Son décès intervient alors que plusieurs opposants sont toujours incarcérés, alimentant les appels à une justice transparente et au respect des droits fondamentaux.
