Par Ilyass Chirac Poumie
Me Hippolyte Meli s’insurge contre l’enquête annoncée par le ministère de la Défense dans l’affaire du décès d’Anicet Georges Ekané. Pour l’avocat, cette initiative officielle apparaît à la fois « lâche » et « bizarre », au regard des nombreuses irrégularités qui, selon lui, ont jalonné le parcours du leader politique avant sa mort en détention.
Dans un message publié sur sa page Facebook, Me Meli affirme ne ressentir « aucune envie de répondre » à cette annonce, estimant que la vraie enquête à mener est ailleurs. Il liste une série de responsabilités qu’il juge essentielles à établir : l’identité de ceux qui ont procédé à l’arrestation d’Ekané, ceux qui l’ont transféré de Douala à Yaoundé « sur l’axe de la mort », ceux qui ont décidé de sa détention prolongée, de ses conditions de soins minimales, ainsi que ceux qui ont confisqué ses appareils et son véhicule.
L’avocat évoque également l’arrestation du chauffeur d’Ekané, « dépouillé des sommes d’argent en sa possession », l’emprisonnement sans motif du leader politique à la prison de New Bell, et l’enlèvement suivi de la détention de la trésorière du MANIDEM. Autant d’éléments qu’il considère comme centraux dans la recherche de la vérité.
Pour Me Meli, l’annonce d’une enquête officielle qui ne tient pas compte de ces faits apparaît incohérente et suscite la méfiance. Il appelle plutôt à un examen complet, indépendant et transparent des circonstances ayant entouré l’affaire Ekané. La mort d’Anicet Georges Ekané, président du MANIDEM, en détention dans une garnison militaire, a provoqué une onde de choc et entraîné de nombreuses réactions. Plusieurs acteurs politiques, organisations et défenseurs des droits humains réclament une enquête impartiale afin d’établir les responsabilités dans cette affaire sensible.
