Par Hajer Elina
Le général de brigade Housseni Djibo a échappé de justesse à une tentative d’assassinat mercredi matin à Bamenda, à l’entrée du camp du Gpign. Une bombe artisanale a explosé à proximité du véhicule qui l’attendait, causant la mort de trois gendarmes, dont son garde du corps. L’attaque s’est produite dans une zone pourtant hautement sécurisée.
Si les premiers soupçons se sont portés sur les groupes armés ambazoniens, aucune revendication n’a été enregistrée jusqu’ici, contrairement à leurs pratiques habituelles de communication après ce type d’opérations. Cette absence de revendication alimente le doute au sein de certains cercles sécuritaires et politiques.
Dans l’entourage du général Housseni Djibo, l’hypothèse d’un acte lié à la purge silencieuse des rivaux politiques menée par le régime de Yaoundé est de plus en plus évoquée. Plusieurs sources soulignent sa proximité sociologique et politique avec Issa Tchiroma, vainqueur proclamé de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, un positionnement perçu par certains comme incompatible avec les équilibres actuels du pouvoir.
Pour de nombreux observateurs, cette attaque s’inscrirait dans une dynamique plus large de neutralisation de figures jugées dissidentes ou potentiellement menaçantes pour le régime en place, dans un contexte de recomposition des alliances politiques et sécuritaires.
Le général Housseni Djibo est l’un des précurseurs du Bataillon léger d’intervention, BLI, devenu plus tard le Bataillon d’intervention rapide, BIR. Officier réputé pour son franc-parler et son aversion pour l’injustice, il avait été écarté de la direction du BLI au début des années 2000, remplacé par le général Aswalai, lors de la transformation de l’unité. À cette époque, les deux officiers, originaires du Nord, portaient encore le grade de commandant.
L’attaque contre le général Djibo intervient dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes dans le Nord-Ouest et de crispation politique nationale, marqué par des accusations récurrentes de répression et de règlements de comptes au sommet de l’État.
