Par Hajer Elina
Le débat autour de l’article de Jeune Afrique consacré à Ferdinand Ngoh Ngoh continue de faire des vagues. Cette fois, c’est le journaliste Haman Mana qui monte au créneau. Dans une longue prise de position, il s’en prend frontalement au papier signé George Dougueli, qu’il estime « loin des standards du métier ».
Haman Mana explique avoir tenté d’identifier le genre journalistique de l’article – reportage, enquête, portrait ou analyse – sans succès. Selon lui, le texte ne respecte aucun des codes habituels : « Ce n’était pas un reportage », « ce n’était pas une enquête », écrit-il, dénonçant un assemblage d’informations éparses, d’affirmations gratuites et de suppositions qui, à ses yeux, relèvent davantage de la fiction que du journalisme.
Il raille notamment les passages où l’auteur semble deviner les intentions du secrétaire général de la présidence, ses projets ou son prétendu « casting secret » pour un futur gouvernement : « On quittait doucement la case portrait pour rentrer dans la colonne fiction », ironise-t-il.
Pour Haman Mana, la seule information vérifiable contenue dans l’article est la rencontre récente entre Paul Biya et Ferdinand Ngoh Ngoh, le reste n’étant qu’un enchaînement de noms, de spéculations et de rumeurs qui auraient mieux leur place, dit-il, « dans un Boukarou entre deux notes de guitare ».
Il conclut en affirmant que ce texte ne contribue en rien au débat public, sinon à nourrir les ragots qui entourent la formation d’un éventuel nouveau gouvernement.
La publication de Jeune Afrique évoquant de possibles recompositions autour du chef de l’État camerounais a suscité un large écho dans le pays, alimentant analyses, critiques et spéculations. George Dougueli, habitué des sujets liés au Cameroun, y décrit un Ferdinand Ngoh Ngoh central dans les arbitrages à venir. Haman Mana, figure reconnue de la presse camerounaise, répond ici avec la rigueur qu’il revendique, rappelant les limites entre information, commentaire et fiction dans un contexte politique particulièrement sensible.
