Par Ilyass Chirac Poumie
La possible participation du Mouvement pour la renaissance du Cameroun aux élections législatives et municipales d’avril 2026 suscite de vives discussions sur les médias sociaux et dans l’espace médiatique. Plusieurs militants et observateurs rappellent les difficultés rencontrées lors du scrutin du 9 février 2020, lorsque des cadres du parti avaient dénoncé des entraves à la constitution et au dépôt des dossiers de candidature.
À l’époque, selon des déclarations publiques d’Alain Fogué, alors trésorier national du Mrc, des sous-préfets avaient refusé ou retardé la signature de certificats de domicile exigés pour les candidatures du parti, tout en traitant favorablement les dossiers d’autres formations politiques, notamment celles du parti au pouvoir. Ces pratiques auraient conduit, selon le Mrc, à l’impossibilité de déposer certains dossiers avant l’expiration des délais légaux.
Des extraits vidéo de 2020, de nouveau partagés, montrent Alain Fogué dénonçant une discrimination systématique de l’administration territoriale à l’encontre du Mrc, dans plusieurs localités du pays. Aujourd’hui incarcéré à la prison centrale de Kondengui, l’ancien responsable du parti reste une figure centrale de ce narratif dénonçant l’exclusion politique.
Dans ce contexte, la question centrale demeure de savoir si le Mrc choisira de participer aux élections de 2026, une décision qui dépendra notamment de la convocation officielle du corps électoral par décret présidentiel. Certains analystes estiment que le parti devra clarifier sa stratégie, entre participation pour obtenir au moins un siège de conseiller municipal ou de député, ou maintien d’une ligne de boycott face à un système jugé inchangé depuis l’élection présidentielle de 2018.
D’autres voix appellent à une coalition plus large des forces de l’opposition afin de faire face aux difficultés administratives et politiques anticipées, estimant que les mêmes causes pourraient produire les mêmes effets lors du prochain scrutin.
Le Mrc avait boycotté les élections législatives et municipales de février 2020, estimant qu’y participer aurait revenait à cautionner les résultats contestés de l’élection présidentielle de 2018. Depuis, les relations entre le parti de Maurice Kamto et l’administration restent marquées par une profonde méfiance, dans un contexte politique camerounais régulièrement critiqué pour le manque d’équité du processus électoral.
