Par Ilyass Chirac Poumie
Le contraste entre la taille de l’économie camerounaise et le niveau de vie de sa population continue d’alimenter les débats sur la compétitivité industrielle du pays. Avec un produit intérieur brut estimé à plus de 53 milliards de dollars et un revenu annuel par habitant d’environ 1 984 dollars, le Cameroun affiche des performances inférieures à celles du Gabon et de la Guinée équatoriale en matière d’industrialisation et de richesse par habitant.
Selon les analyses relayées par la Banque africaine de développement, le pays dispose d’un tissu industriel dominé par des petites et moyennes industries actives dans l’agroalimentaire, la transformation primaire du bois, les matériaux de construction et la plasturgie. Toutefois, l’économie peine encore à faire émerger des industries lourdes capables de générer une forte valeur ajoutée et de concurrencer les grands acteurs du continent.
Les experts soulignent que plusieurs obstacles structurels continuent de freiner cette transformation. Le déficit énergétique demeure l’un des principaux défis, les interruptions d’électricité augmentant les coûts de production pour les entreprises. À cela s’ajoutent des contraintes logistiques liées aux infrastructures de transport et aux coûts portuaires, ainsi qu’un environnement des affaires souvent jugé complexe par les investisseurs.
Pendant ce temps, le Gabon a développé des filières de transformation du bois à travers la zone économique spéciale de Nkok, tandis que la Guinée équatoriale a investi dans des infrastructures liées à la pétrochimie et aux hydrocarbures.
Pour de nombreux observateurs économiques, le défi du Cameroun consiste désormais à convertir son importante population, son marché intérieur et ses ressources naturelles en un véritable levier d’industrialisation. La capacité du pays à développer des filières de transformation avancée, à améliorer son offre énergétique et à attirer davantage d’investissements industriels est considérée comme déterminante pour son positionnement futur dans la Zone de libre-échange continentale africaine.
Avec près de 30 millions d’habitants, le Cameroun demeure la principale économie d’Afrique centrale en termes de diversification productive. Toutefois, les indicateurs de richesse par habitant et certains indices de transformation industrielle montrent que plusieurs économies de la sous-région affichent des performances supérieures dans la création de valeur industrielle et les exportations à forte valeur ajoutée.
