Par Ilyass Chirac Poumie
Plusieurs enfants ont également été enlevés par la secte islamiste. Pourtant, du côté de la présidence, pas une réaction, pas un mot d’hommage, pas la moindre reconnaissance officielle pour ces militaires sacrifiés.
Paul Biya et son entourage, qui doivent leur long maintien au pouvoir à la loyauté des forces armées, donnent l’image d’un régime indifférent au sort de ceux qui se battent pour protéger l’intégrité du territoire. Alors que les familles endeuillées réclament des réponses, le silence du chef de l’État apparaît comme une insulte au courage de l’armée.
Cette absence de compassion contraste avec l’opulence d’un cercle dirigeant plus prompt à savourer ses privilèges qu’à assumer ses responsabilités. Dans les rues et sur les réseaux sociaux, la critique enfle : un pouvoir qui ne rend pas justice à ses soldats peut-il encore incarner l’unité nationale ?
À quelques semaines d’une élection présidentielle sous tension, cette indifférence du palais d’Etoudi risque de nourrir le ressentiment et de relancer la question de l’alternance. Dans le Nord en particulier, nombreux sont ceux qui appellent de plus en plus ouvertement à une redistribution du pouvoir, estimant qu’après des décennies de centralisme présidentiel, l’heure est venue de tourner la page.
