Accueil » Cameroun > Sérail | « La peur de gendarme »: Ou quand la peur change de camp

Cameroun > Sérail | “La peur de gendarme”: Ou quand la peur change de camp

Cette expression qui évoque souvent un sentiment de crainte ou d'anxiété face à l'autorité

by world top news
0 comments

Avec Angie FORBIN

Elle évoque souvent un sentiment de crainte ou d’anxiété face à l’autorité… A l’homme en tenue tout court.

  • Les gendarmes (Hommes en tenue), en tant qu’agents de la loi, symbolisent, dans un contexte normal où le droit prévaut, l’ordre et la justice. Leur présence peut susciter une appréhension liée à la réglementation et aux conséquences de la désobéissance.
  • La peur du gendarme peut également être liée aux répercussions sociales qui découlent de la transgression des règles, surtout lorsqu’elles sont iniques, à tête chercheuse, taillées sur mesure, et très souvent non-écrites… Les “infractions” peuvent engendrer des amendes, des poursuites ou même des peines de prison. Et dans le cas du Cameroun où le non-droit est devenu la norme, il suffit de faire un tour dans nos différentes juridictions pour réaliser l’ampleur du mal.
  • Dans certaines cultures, la peur du gendarme, de l’autorité est profondément ancrée dans les mentalités. Le chef, le patron, est un homme-dieu qui est craint et ne peu jamais avoir tort. Au Cameroun, la peur du gendarme est le frère siamois de la culture de la peur, cadeau empoisonne de la colonisation.

Que ce soit l’annexation par l’Allemage en 1884 chassé par les Alliés en 1916 après la premiere guerre mondiale, ou l’administration par la France et l’Angleterre, ces colons ont employé des moyens à donner les frissons dans le dos pour asseoir leur emprise sur les populations. Le redoutable Jesko Von Puttkamer gouverneur du Kamerun Allemand de 1985- 1907 est devenu une symbole de la brutalité et une référence sinistre de la cruauté Allemande en Afrique. Le capitaine Francais Paul Voulet envoyé à la conquête des pays du Bassin du lac Tchad a pour leg l’un des plus grands massacres de l’histoire coloniale Francaise avec l’execution de tous les habitants de Birni Khonny- Ville frontière entre le Niger et le Nigeria.

Cette brutalité lors des expéditions punitives, cette cruaute lors les massacres, ces humiliations des representants de la population qui osaient lever la tete étaient pour rendre lisse toute divergence en instaurant ce sentiment negatif.
La Peur… Ce sentiment martelé dans le Psyché des Camerounais par des menaces sur la liberté d’expression par une autorité illégitime le ton souvent acerbe avec une bonne dose généreuse de violence arrogante.

Nul besoin de piqûre de rappel, les crimes sont encore très frais. Les sorties récentes du ministre sol qui glisse en saison sèche , sis devant grand hachoir devant l’Eternel, sont là pour nous édifier. Il n’a cessé de traiter les principaux challengers de Paul biya au deux dernières élections de tous les noms les plus dégradants quand il ne les a pas jetés en taule. Avec pour seul prétexte: La préservation de la paix. Une phrase-menace sortie à Chaque fois que le peuple veut exprimer son mécontentement par un Moulinex en transe et, en “bon” coordinateur du comité national de sécurité, qui deroule son arsenal de répression physique et psychologique.

Au Cameroun, On inculque la peur en déployant les Interahamwes les plus féroces, dont on ne relayera jamais assez les prouesses macabres. On déploie des chars pour occuper les petites routes qui peinent à avoir deux voies (grignotées par les éléments et le manque d’entretien), comme pour dire “tentez un peu vos mamans là et vous allez lire l’heure”.

L’heure a été lue et à de trop nombreuses reprises: une cinquantaine de morts après la dernière présidentielle, des milliers depuis les années de braise de 90, le commandement opérationnel, la crise du GCE board, les émeutes de la faim, la crise anglophone.
Marcher pour protester au Cameroun est un crime de lèse-Biya.

Michèle Ndocki comme beaucoup d’autres se sera prise une “Bastos” dans la cuisse en 2019. Mami Eru au lieu-dit village à Douala, ou encore la jeune femme enseignante touchée par balle devant son domicile n’auront même pas eu à marcher…

La peur affecte le comportement des individus, qui, sous la contrainte invisible de l’idée de répression barbare, peuvent se conformer aux règles par instinct de survie plutôt que par conviction. L’expression ” *on va faire comment/we go do how? *” tire son essence de cette triste réalité.

Au Cameroun, l’état policier qui se caractérise par son côté essentiellement répressif et corrompu (dans tous les sens du terme) a mené à une forme de soumission du peuple qui, inconsciemment, en est arrivé à s’autocensurer. L’expression ” je veux voir mes enfants grandir ” est très révélatrice.

Le gendarme incarne la peur.. La peur du gendarme chez nous est ainsi un reflet des relations complexes entre l’individu, la loi et la société.

De quelle loi s’agit-il aujourd’hui, lorsque pour les mêmes motifs, trois individus font l’objet de trois traitements différents? Anicet Ekane a été exécuté, Djeukam Tchameni embastillé, Abah Oyono mis en liberté.

De quelle loi s’agit-il quand un gendarme peut gifler un usager de la voie publique, ouvrir le feu sur un véhicule parce qu’un chauffeur a eu l’outrecuidance de refuser d’être racketté?

De quel droit s’agit-il quand des véhicules blindés sillonnent les rues de Douala à la poursuite de personnes exerçant leurs libertés fondamentales?
De quel droit s’agit-il lorsque la soldatesque peut perpétrer des massacres comme à Ngarbuh ou Kumba?

De quel droit s’agit-il quand des “représentants” de la loi peuvent traquer, capturer, torturer, tuer des journalistes comme Wazizi ou Martinez Zogo en toute impunité?

Ne nous y trompons surtout pas où plus, aujourd’hui plus que jamais: La “peur du gendarme” est devenue un couteau à double tranchant au Cameroun.

Le gendarme ne terrorise pas que le citoyen, il est la bête noire des tenants du système. L’histoire de quelques dictatures voisines donne des sueurs froides dans le sérail. Il faut donc comprendre pourquoi nos dirigeants oligarques ferment les yeux sur les abus du gendarme, lui accordent des “avantages” très souvent indus, par peur de représailles. Une troupe en colère n’est jamais bonne pour leurs affaires.

Le système ne tient que grâce au gendarme. Cet homme en tenue peut brimer, voler, tuer, torturer, il ne lui sera rien fait, ou pas grand chose, tant qu’il continuera de protéger les intérêts du système.

“La peur du gendarme” telle que vécue au Cameroun ne fera plus long feu. La corde a été trop tirée, elle est en train de casser. La crise post-électorale en cours, chargée d’événements tristes (des morts dont on aurait pu faire l’économie) sonne le glas.

Le trop-plein de frustrations et de colères contenues explose, les populations se désinhibent. Le NoSo, le Septentrion, l’Ouest, l’Est grondent, réduisant cette peur à peau de chagrin. Elle s’est inversée.

. Aujourd’hui, le système et ses gendarmes ont peur … Ils ne savent pas à quelle sauce ce peuple en plein réveil les dégustera.

You may also like

Leave a Comment

About Us / QUI SOMMES NOUS

Comme son nom l’indique, Panorama Papers est un site d’information générale qui couvre la plupart des actualités mondiales en termes généraux. Nous avons également une chaîne YouTube où vous trouverez de superbes interviews et d’autres vidéos d’actualité. Les papiers Panorama sont un produit PANORAMA GROUP, LLC. Nous travaillons avec nos propres moyens (sans sponsors), pour vous fournir une information crédible et de qualité.




NOUS CONTACTER:

SILICON VALLEY 237 APPELEZ VITE

@Tous droits réservés. Conçu et développé par JETECHNOLOGIE