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Cameroun | Yaoundé: Démantèlement d’un réseau de faussaires par la gendarmerie nationale

Ce nouveau coup de filet de la gendarmerie nationale, met une fois de plus en lumières, le fléau des faux diplômes dans les concours administratifs.

by Panorama Group, LLC
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Le Service de recherche judiciaire de la Lutte contre le grand banditisme de la Première région de gendarmerie, a porté un nouveau coup aux réseaux de falsification de documents administratifs dans la capitale. Sept individus, soupçonnés d’appartenir à une filière bien rodée, ont été interpellés à Yaoundé en possession d’un arsenal de faux documents destinés à tromper les administrations.

Selon le capitaine Njalong Nan, porte-parole de l’opération, les mis en cause détenaient des faux actes de naissance, des bulletins n°3, des diplômes académiques et professionnels, des documents attribués à la Sûreté nationale, ainsi que des cachets et timbres contrefaits. Leurs officines opéraient en toute discrétion aux abords de Sonel Centrale et du quartier universitaire de Ngoa-Ekellé, deux zones de forte affluence estudiantine et administrative. 

L’enquête, toujours en cours, vise désormais à remonter la chaîne des complicités et à mesurer l’ampleur réelle de ce trafic qui prospère sur la détresse de candidats en quête d’ascension sociale.

Des faux diplômes, monnaie courante des recrutements

Cette interpellation intervient dans un contexte où la falsification de diplômes est devenue une plaie béante pour l’administration camerounaise. Chaque année, à l’approche des grands concours, le marché noir des faux BEPC, CAP, baccalauréats, licences et même diplômes d’ingénieurs, reprend du service. Ces documents frelatés sont écoulés à prix d’or auprès de jeunes désœuvrés ou de candidats peu scrupuleux, convaincus qu’ils n’obtiendront jamais leur chance par la voie légale.

Les secteurs les plus touchés sont ceux qui recrutent massivement : la fonction publique, les municipalités, les sociétés parapubliques, et surtout les forces de défense et de sécurité. Un faux diplôme y est perçu comme un sésame pour contourner les seuils d’âge, compenser un échec scolaire, ou simplement devancer des milliers d’autres postulants.

Le phénomène n’est donc pas nouveau et l’armée camerounaise en a déjà payé le prix fort. Lors des vagues de recrutement des années récentes, les contrôles systématiques des dossiers ont mis à nu l’ampleur du problème. 

En 2022, à l’issue des vérifications du concours de recrutement des militaires du rang, les autorités ont procédé à l’exclusion de plusieurs centaines de candidats dont les diplômes s’étaient révélés faux ou non authentifiés. Le processus, rigoureux, inclut désormais une phase de contrôle croisé avec les universités, les délégations régionales et les établissements émetteurs. 

Cette politique de tolérance zéro vise à assainir les effectifs et à garantir l’équité. Au-delà des interpellations, les autorités judiciaires durcissent le ton. L’usage de faux et l’escroquerie sont punis par le Code pénal camerounais. Les acquéreurs de faux diplômes s’exposent eux aussi à des poursuites, à l’annulation de leur recrutement, et à l’inscription de leur nom sur une liste noire qui ferme définitivement les portes de la fonction publique.

La digitalisation progressive des diplômes et l’authentification en ligne par le MINESUP constituent désormais un rempart. Mais tant que la pression du chômage et la soif de réussite rapide persisteront, ces réseaux continueront de prospérer. L’enquête ouverte par la gendarmerie devrait permettre de démanteler l’ensemble de la chaîne.

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