Par Eric Boniface Tchouakeu
Dans une circulaire de circonstance signée le 11 mars 2025 et adressée aux responsables à différents niveaux du parti ainsi qu’aux simples militants, le Secrétaire Général du Comité Central du Rdpc, relève que le parti a été créé le 24 mars 1985 à Bamenda, après que furent établies les énormes difficultés de l’Union Nationale Camerounaise (Unc),l’ancienne dénomination du parti unique, « d’apporter des réponses adaptées aux exigences nouvelles de l’œuvre de construction nationale, ainsi qu’aux préoccupations d’avenir du peuple Camerounais. »
Plus loin, Jean Nkuete affirme que c’est ainsi que le RDPC voit le jour, par le biais subtil du changement du nom de l’UNC dont certains ont d’ailleurs du mal à faire le deuil, sous le double prisme du dépassement et de l’ouverture. Car le nouveau parti entend sortir de ce moment jugé pénible et douloureux de l’histoire de la jeune nation ,qui a connu l’indépendance et la réunification du Cameroun dans des conditions toujours querellées, et s’ouvrir sur une nouvelle société camerounaise jeune de corps, et d’esprit, décomplexée, trépignante de liberté, avide d’avenir et progressivement soumise aux influences de la mondialisation rampante et des technologies de l’information et de la communication qui entament imperceptiblement leur essor vertigineux vers les réseaux sociaux.
Aujourd’hui où en sommes-nous s’interroge le Secrétaire Général du Comité Central du RDPC qui répond : il est indéniable qu’en quarante ans d’un parcours parfois balloté et inquiété, alternant tout naturellement satisfactions et désillusions, le RDPC s’est forgé un tempérament et une personnalité indictables, caractérisés par l’ampleur de son implantation territoriale, la qualité de ses militantes et militants, la valeur de ses idéaux, son combat résolu en faveur de la paix, l’unité ,la justice et le progrès ,son nationalisme ardent et, bien entendu son soutien sans faille au Président Paul Biya qui, au surplus, lui a insufflé un sens de la tolérance, de la résilience et de la patience qui font partie des éléments constitutifs et caractéristiques de « l’esprit RDPC »
Relativement à l’élection présidentielle attendue entre septembre et octobre 2025, le RDPC à travers la plume de Jean Nkuete espère une victoire nette et sans bavure avec le concours notamment des femmes et des jeunes.
S’agissant spécifiquement des messages à délivrer dans des meetings de célébration de l’anniversaire, Jean Nkuete recommande aux différents responsables chargés de les conduire et encadrer, de mettre l’accent sur : la présentation des réalisations locales du Gouvernement dont l’impact est avéré sur le vécu des populations ; l’engagement irréversible du RDPC dans le combat pour la préservation et la paix, l’unité et l’intégrité du Cameroun ; la vigilance face aux violences perpétrées et projetées pour semer la panique au sein des populations ; la vigilance dans le cadre des inscriptions sur les listes électorales , et l’explication des enjeux de l’élection présidentielle pour l’avenir de la localité entre autres.
Il s’agit donc aujourd’hui pour le RDPC de faire le bilan de 40 années de sa gestion du Cameroun et 43 ans ininterrompus de pouvoir du Président Paul Biya, son leader. Durant ce laps de temps, beaucoup de choses ont été faites, mais la question est de savoir si on n’aurait pas pu faire davantage ou mieux ?
De même après 40 ou 43 ans à la tête du Cameroun, le RDPC et son leader sont-ils encore en capacité de pouvoir répondre aux demandes sociales des Camerounais qui pour un nombre significatif, ne peuvent pas s’offrir des soins de santé de qualité à l’instar de quelques privilégiés qui se font soigner à l’étranger.
Ils sont par ailleurs au quotidien confrontés : à l’insécurité à divers degrés dans plusieurs régions, à la corruption dans pratiquement tous les secteurs de la vie nationale, au chômage ou au sous-emploi endémique des jeunes, à la cherté de la vie, aux difficultés d’accès à l’eau potable et à l’électricité de manière permanente, ou encore aux carences criardes en infrastructures notamment routières en plus de l’insalubrité qui s’est installée particulièrement dans les deux plus grandes villes du pays.
Sur le plan interne, c’est connu le Président du parti, Paul Biya en est le candidat statutaire à l’élection présidentielle. Mais de nombreux militants attendent l’organisation d’un congrès électif au sein de la formation politique depuis 2016 après la tenue du dernier en 2011. Les opérations de renouvellement des Bureaux des organes de base à deux reprises intervenus entre temps, n’ont pas connu leur prolongement logique qui aurait consisté au renouvellement du Comité Central ainsi que du Bureau politique et de la Présidence du parti.
Au sein de l’opinion, de nombreux analystes se demandent toujours si le Rdpc survivra à son inamovible leader Paul Biya. En attendant de le savoir, la question la plus immédiate est celle de savoir si le Rdpc et son candidat seront encore autorisés à diriger le Cameroun au soir de la présidentielle d’octobre 2025 ? La décision reviendra aux électeurs qui exprimeront dans les urnes leur perception du bilan des 40 ou 43 années de la gestion du Cameroun par le Rdpc et son Président National.
