Par Sandra Embollo
C’est un changement historique pour la petite monarchie alpine. Le Liechtenstein a décidé de mettre fin à la primogéniture masculine qui excluait jusqu’ici les femmes de la succession au trône.
L’annonce a été faite samedi 15 août par le prince héréditaire Alois, à l’occasion de la fête nationale. La réforme, approuvée par la majorité requise des membres de la famille princière habilités à voter, remplace la primogéniture masculine par une primogéniture absolue. Désormais, le premier enfant, qu’il soit garçon ou fille, pourra être appelé à régner.
Cette modification ne bouleverse toutefois pas immédiatement l’ordre de succession. Elle ne concerne que les descendants qui naîtront à l’avenir des enfants d’Alois et de son épouse, la princesse héréditaire Sophie. Leur fils aîné, le prince Joseph Wenzel, reste donc actuellement le premier dans l’ordre de succession, devant sa sœur, la princesse Marie Caroline.
Le changement constitue néanmoins une évolution majeure pour le Liechtenstein, qui était jusqu’alors la seule monarchie européenne à maintenir une succession strictement réservée aux hommes. Cette règle avait notamment été critiquée par les Nations unies au nom de l’égalité entre les sexes.
Le pays avait déjà franchi un cap important en matière de représentation des femmes en 1984, en devenant le dernier État européen à leur accorder le droit de vote aux élections nationales. En 2025, Brigitte Haas est également devenue la première femme à occuper le poste de Première ministre du Liechtenstein.
Avec cette réforme dynastique, le petit principauté de quelque 40 000 habitants poursuit donc, à son rythme, son évolution vers une monarchie où le sexe ne détermine plus l’accès au trône.
