Par Ilyass Chirac Poumie
Le Rassemblement pour le Développement et la Défense de la République du Cameroun (Rddrc) a vivement critiqué le projet de modification de l’article 170 du Code électoral relatif à la prorogation du mandat des conseillers municipaux, rendu public le 30 mars 2026.
Dans une déclaration signée par son président national, Abdouraman Hamadou Babba, le parti estime que cette initiative constitue une nouvelle atteinte à la Constitution camerounaise. Le RDDRC soutient que, même en cas de modification du Code électoral, la loi fondamentale ne permet pas une prorogation des mandats au-delà de trois mois.
Le parti souligne en outre que le principe de non-rétroactivité de la loi, consacré par la Constitution, empêche toute application du nouveau texte à des mandats déjà prorogés. Selon lui, toute tentative en ce sens reviendrait à violer les dispositions constitutionnelles en vigueur.
Au-delà de l’aspect juridique, le Rddrc accuse le président de la République de vouloir instrumentaliser les institutions à des fins politiques. Il dénonce une dérive du système politique camerounais, évoquant un glissement d’une « pseudo-démocratie » vers une « monarchie » de fait.
Le mouvement critique également le rôle du Parlement, qu’il considère majoritairement acquis au pouvoir, estimant qu’il ne constitue plus un contrepoids institutionnel efficace dans ce dossier sensible.
Face à cette situation, le Rassemblement pour le Développement et la Défense de la République du Cameroun appelle les citoyens à la vigilance, dans un contexte marqué par de fortes tensions autour du calendrier électoral et des réformes institutionnelles en cours.
Le débat sur la prorogation des mandats municipaux s’inscrit dans une séquence politique tendue au Cameroun, marquée par des divergences entre pouvoir et opposition sur la gestion du calendrier électoral. Le projet de révision de l’article 170 du Code électoral vise à encadrer cette prorogation, mais suscite de vives critiques quant à sa conformité avec la Constitution et aux risques de concentration du pouvoir au sein de l’exécutif.
