Par Joseph OLINGA N.
Tous ou presque semblent impuissant devant le vide juridique sur le long séjour du chef de l’État camerounais hors du pays. Si la question préoccupe dans les états-majors des principales formations politiques de l’opposition, il demeure, à l’observation, que la plupart mettent le cap sur les élections municipales et législatives prévues dans la première moitié de l’année 2026. C’est du moins ce qui ressort de l’enquête initiée par Panorama Papers.
Si le leader du Social democratic front, Joshua Osih indique que le Cameroun est “en pilotage automatique dans la tempête”, le candidat à la dernière élection présidentielle se projete volontier sur les élections municipales et législatives. Échéances auxquelles le chairman du parti historique convie l’ensemble de l’opposition camerounaise pour faire front commun. “J’appelle toute l’opposition à former un front commun sur cette exigence.” Celle d’y prendre part avec une stratégie concertée. Mais aussi pour veiller au respect du calendrier communiqué par les décrets signés par le président de la République.
Cap sur les municipales et les législatives
Posture assumée par la présidente de l’Union démocratique du Cameroun. Tomaïno Ndam Njoya appelle néanmoins les institutions compétentes mais aussi les camerounais à oeuvrer pour la mise en place des mécanismes garantissant la continuité de l’État. Une exigence qui, selon la même source, appelle à la désignation d’un vice-président de la République.
Les propositions de la cheffe de file de l’Udc semblent susciter l’adhésion de Cabral Libii. Troisième à la dernière élection présidentielle, le président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale appelle à agir plus que de s’émouvoir sur la longue absence du chef de l’État camerounais, Paul Biya. “Ceux des citoyens qui souhaitent que ce vide juridique soit comblé doivent savoir que cela n’est possible que s’il y a une autre majorité à l’Assemblée nationale.” L’occasion pour le député à l’Assemblée nationale d’appeler les potentiels électeurs à s’inscrire sur les listes électorales jusqu’au 31 août prochain, date de clôture officielle des inscriptions.
Si Jean Michel Nintcheu du Front pour le changement appelle le Conseil constitutionnel à “constater la vacance de pouvoir au sommet de l’État”, Maître Alice Nkom, porte-parole de Issa Tchiroma Bakary, candidat déclaré deuxième au terme de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 relativise.
Issa Tchiroma de retour?
“On a écrit la vacance pour le décès, pour la démission, pour l’empêchement définitif constaté.” Des raisons pour l’avocate de renom de souligner que “On a rien écrit pour un président invisible, donc, nous sommes en lieu de croire, sur la seule fois d’un communiqué, qu’il (le président de la République, Ndlr) gouverne encore.”
La posture du porte-parole du candidat exilé, Issa Tchiroma Bakary, ne semble pourtant pas engager adhésion de tous les partisans du candidat qui revendique sa victoire à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Sur les plateformes électroniques et les médias classiques, cadres, militants et proches de Issa Tchiroma Bakary annoncent le retour en grande pompe de leur champion.
