Par Joël Onana
En conflit larvé avec le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) depuis sa nomination controversée, le technicien belge laisse entendre qu’il est sur le point de gagner une bataille symbolique : celle de la présence de son adjoint, Joachim Mununga, sur le banc.
De retour au Cameroun pour préparer les matchs des 7e et 8e journées des éliminatoires de la Coupe du monde 2026 contre l’Eswatini et le Cap-Vert en septembre, Brys s’est exprimé samedi devant la presse. S’il a évité de s’étendre sur sa récente vraie-fausse démission, évoquée la veille sur la chaîne publique CRTV, il n’a pas pu résister à un brin d’ironie lorsqu’un journaliste lui a demandé si Mununga serait bien présent pour les prochaines échéances.
« C’est promis, oui », a-t-il déclaré avec un sourire en coin, avant de glisser une précision lourde de sens : « Pas par moi hein. C’est promis. » Une formule qui sonne comme un pied de nez à la Fecafoot, instigatrice des décisions ayant tenu son adjoint à l’écart jusqu’ici.
Ce petit tacle a fait rire la salle, mais témoigne surtout du malaise persistant entre la Fecafoot et le staff technique. Depuis mars, Brys avait montré sa solidarité envers Mununga en refusant de s’asseoir sur le banc contre la Libye, protestant contre l’exclusion de son bras droit de la feuille de match. Malgré l’appui affiché de Vincent Aboubakar et des cadres de la sélection, Mununga avait de nouveau été envoyé en tribunes.
Interrogé à son tour, l’intéressé a joué la carte de la diplomatie, préférant recentrer le débat sur les performances de l’équipe :
« Aujourd’hui, la priorité n’est pas de savoir si l’assistant du coach sera sur le banc. Nous sommes sur une série où nous sommes invaincus. Et c’était une promesse du coach de redonner au Cameroun toutes ses lettres de noblesse, et je pense que nous n’en sommes pas loin. »
Reste à savoir si cette promesse – faite par une entité mystérieuse – sera enfin tenue, ou s’il ne s’agit que d’un nouvel épisode d’un bras de fer politique qui dépasse largement les lignes de touche. Une chose est sûre : en continuant de poser ses conditions et de tenir bon face à la pression, Marc Brys est en train d’imposer son autorité, quitte à froisser l’ego d’un certain président.
