Par Léopold DASSI NDJIDJOU
Elle a fait l’inventaire sur les plans politique, économique , social et économique. Sur le plan politique elle a indexé la longévité d’un homme au pouvoir depuis 43 ans sans discontinuer est un problème en démocratie qui s’exprime par le vote. Les crises postélectorales sont un exemple de malaise politique ou démocratique. Elles montrent le mécontentement croissant d’une frange de la population. On ne doit pas aller en prison pour avoir voté ou soutenu un candidat opposé au régime. Tous les pays émergents du monde ont surpassé les crises nées des arbitraires et des incertitudes politiques. Celle qui incarne le leadership de l’Union démocratique du Cameroun (Udc) a d’ailleurs précisé que le peuple camerounais n’est pas dupe, qu’il sait désormais que ses droits et libertés politiques sont confisqués par le régime au pouvoir.
Sur le plan social et sécuritaire, en dépit du maillage territorial par nos Forces de Défense et de Sécurité, notre pays connaît un regain de tensions né de la crise postélectorale de 2025. Dans les Régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest, les sécessionnistes reprennent du poil de la bête. Si elle s’est félicitée aussi de la traque de l’armée sur les terroristes de Boko Haram, elle a reconnu cependant qu’une autre menace plus perfide est en train de naître avec le lynchage d’un policier en tenue à Ngaoundéré. Elle a d’ailleurs appelé chaque citoyen à observer autour de lui pour constater que les revanches et les rancœurs se multiplient. La guerre, disait Clausewitz, est la poursuite de la politique par d’autres moyens.
Partant de cette assertion, elle a rappelé que dans les pays où il y a eu guerre civile, il y a toujours eu en amont une politique de mise à l’écart d’une composante sociale. La question de l’ivoirité est la racine de la guerre civile en Côte d’Ivoire de 2002 à 2007. Le génocide rwandais naît de la stigmatisation à outrance entre les ethnies Hutu et Tutsi. La guerre civile congolaise en 1997 est cristallisée par un refus du consensus entre le président Pascal Lissouba et son opposant d’alors, Denis Sassou Nguesso. Toutes les fois qu’il y a la stigmatisation d’une partie de la population avec le silence complice ou coupable des pouvoirs publics, le conflit n’est jamais loin.
Sur le plan économique
L’autre source de risque de conflit au Cameroun, est la mauvaise répartition des ressources nationales. Tant que certains auront tout, non pas par leurs efforts, alors que d’autres cravachent à longueur de journée pour dormir le ventre vide, il y aura toujours un risque de rupture et de déséquilibre dans notre pays. Si un Camerounais sur trois vit avec moins de 1000 Fcfa par jour, peut-on s’attendre à vivre dans une société en paix? Et la question fatale est la suivante : que fait le Gouvernement? Elle a de ce fait souligné que l’administration centrale freine des quatre fers pour éviter de transférer les ressources aux Collectivités territoriales décentralisées (Ctd) comme l’exige le Code général portant sur les Ctd au Cameroun. Aussi, elle a déclaré que le gouvernement refuse de mettre en place un système judiciaire diligent et transparent! C’est toujours le gouvernement qui parle de politique de l’Import-Substitution et non seulement il refuse d’accorder des subventions significatives dans les secteurs prioritaires mais bien plus, il continue en arrière plan de soutenir les importations massives de certaines denrées dont le potentiel national de production est avéré.
C’est toujours le gouvernement qui tient ses promesses et ne les réalise pas. Le dernier exemple en date dont peut témoigner les Camerounais, est cette promesse d’établir une Carte Nationale d’identité(Cni) en 48 heures!
Où en sommes-nous aujourd’hui? Tomaïno Ndam Njoya a relever ces dysfonctionnements pour montrer comment le Contrat social est si fragile et qu’à force de s’éloigner de ce qui est juste, la rupture ou le déséquilibre est au prochain pas.
Par ailleurs, elle a rappelé que la boussole qui encadre la politique économique est la Snd 30 qui court de 2020 à 2030. A mi-chemin de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale pour le développement, où en sommes-nous?
Si le Gouvernement a présenté sa satisfaction le 12 décembre dernier à l’occasion de la session 2025 du Comité national de suivi-évaluation de la Snd30 présidée par le ministre de l’Économie, de la planification et de l’aménagement du territoire, il va sans dire que la population tarde à vivre cet embellie dont fait état le gouvernement. Les ménages et les entreprises subissent de plus en plus des délestages. Le réseau routier est particulièrement détérioré. Aller aujourd’hui dans le septentrion relève d’un parcours du combattant; rallier la ville portuaire de Kribi par route est une épreuve, surtout sur le tronçon Edéa- Kribi. Bien plus, elle a confié que la croissance économique annoncée à deux chiffres tourne toujours autour de 3%. Tous les piliers de la Snd 30 tardent à produire les fruits escomptés.
Dans la foulée, elle a livré que le plus grand mal de l’économie nationale est l’environnement des affaires qui doit être absolument toiletté pour attirer le plus grand nombre des investisseurs. Le rapport doing business place le Cameroun toujours vers la queue du peloton.
L’environnement des affaires n’est pas attractif à cause des pesanteurs que sont la corruption, la législation des affaires et les commodités usuelles à l’exemple de la desserte et de l’énergie.
