Par Mon’Esse
Environ 200 sociétés illégales ont été identifiées dans l’exploitation artisanale semi-mécanisée de l’or dans les régions camerounaises de l’Adamaoua et de l’Est, dont plus de 95% sont des entreprises étrangères, selon le ministre des Mines, Fuh Calistus Gentry.
Dans une communication datée de mercredi, ce membre du gouvernement appelle tous les opérateurs, non détenteurs de titres miniers valides ou non à jour de leurs obligations légales, «à arrêter sans délai l’exploitation des sites miniers et à procéder au démantèlement de toutes leurs unités de traitement du gravier aurifère ainsi que les autres installations connexes».
S’il ne fixe pas de délai pour ces opérations de déguerpissement, Fuh Calistus Gentry précise néanmoins que le démantèlement desdites installations illégales sera effectué par les services compétents de l’administration, aux frais des opérateurs agissant en marge de la réglementation.
Selon des sources locales dans l’Adamaoua et à l’Est, les exploitants ainsi pointés du doigt sont majoritairement asiatiques et particulièrement chinois, opèrent depuis des années au vu et au su de tous, protégées par des autorités locales et des forces de l’ordre.
Ils sont aussi, régulièrement, accusés de détruire l’environnement et de perpétrer des violences physiques, en toute impunité, sur leurs ouvriers locaux.
En début mai, note-t-on, le gouvernement a indiqué avoir mobilisé 735 millions de francs destinés à restaurer 175 sites miniers détruits par ces opérateurs.
S’agissant des pertes fiscales potentielles, l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) les évalue à 165 milliards de francs annuels, représentant un manque à gagner significatif pour l’État.
En fin d’année dernière, un rapport de cette institution révélait que les douanes du avaient déclaré des exportations d’or de l’ordre de 22,3kg en 2023, alors que les Émirats arabes unis, à eux seuls, en avaient enregistré 15 tonnes en provenance du Cameroun au cours de la même année.
L’Itie a expliqué que cet écart traduisait non seulement la prévalence du commerce informel, mais aussi une absence de traçabilité effective de la production formelle de l’or camerounais.
Elle indiquait par ailleurs qu’environ une tonne d’or, issue de l’exploitation artisanale et près de 30kg, provenant de la production industrielle, ne figuraient dans aucun flux d’exportation formel, les exportations semblant largement canalisées via des circuits non déclarés, alimentés par des réseaux d’achat parallèle et des comptoirs non agréés.
