Par Joseph OLINGA N
La révolution n’aura pas lieu. C’est du moins ce qui transparaît à la lecture du projet de loi déposé le 29 mars dernier à l’Assemblée nationale. Alors que les partis de l’opposition, les organisations de la société civile et même certains militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) attendaient une revision de fond du Code électoral, le chef de l’État camerounais, Paul Biya opte pour le renforcement de sa mainmise sur le mandat des conseillers municipaux. Le projet de loi N° 2093/ PJL/ AN a pour objectif les dispositions relatives à la prorogation du mandat des conseillers municipaux autant de fois que possible par décret présidentiel. Une procédure qui implique désormais une consultation du bureau du Sénat alors que les dispositions précédentes indiquaient que le président de la République doit obtenir l’avis du Conseil constitutionnel.
Le projet de loi qui sera très probablement validé par l’Assemblée nationale suscite une vive réprobation des partis politiques de l’opposition, des organisations de la société civile ainsi que certains militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais qui attendaient une revision de fond du Code électoral.
La majorité des parties prenantes au processus électoral proposent, depuis de nombreuses années une réforme d’Elections Cameroon (Elecam), dans l’optique de lui conférer une plus grande indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif, afin de garantir la fiabilité et la transparence des élections au Cameroun. Dans la même perspective, les revendications des partis politiques de l’opposition portent depuis plusieurs années sur l’instauration d’un bulletin de vote unique ainsi que l’abaissement de l’âge de vote à 18 ans.
Une préoccupation guidée par le souci d’accommoder l’âge électoral à celui de la majorité légale. Mais aussi dans l’optique d’impliquer la majorité des jeunes dans le processus électoral. Des attentes ignorées par le chef de l’État camerounais qui semble oeuvrer pour le contrôle et de l’accaparement du calendrier électoral au bénéfice de sa formation politique, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais.
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