Par Armand Soussia
Le 13 septembre 2025, sous le haut parrainage du Très Honorable Cavaye Yeguie Djibril, les ministres Rdpc au sein du gouvernement ont réuni la jeunesse de l’Extrême-Nord pour ce qui devait être une rencontre d’information et d’échanges. Mais cette initiative s’est rapidement muée en mascarade.
Au lieu de présenter des projets concrets pour répondre aux défis d’emploi, d’éducation ou de sécurité, les officiels ont choisi l’humiliation : des enveloppes d’argent dérisoires ont été distribuées aux jeunes, censées servir de preuve de la générosité du pouvoir. Dans le Mayo-Danay, certains participants n’ont reçu que 10 000 Fcfa, tandis que dans le Mayo-Kani, l’insulte fut encore plus cuisante : 4 000 à 6 000 FCFA. Courageusement, plusieurs jeunes ont refusé de prendre cette aumône, dénonçant une instrumentalisation politique éhontée.
Cette scène scandaleuse s’inscrit dans un contexte plus large. Depuis des décennies, l’Extrême-Nord demeure l’une des régions les plus marginalisées du Cameroun. Frappée par le chômage massif, l’exode des jeunes et la menace permanente de Boko Haram, elle est souvent réduite à un simple réservoir électoral par les élites du régime. À l’approche des grandes échéances politiques, ces tentatives d’achat de conscience apparaissent comme une provocation supplémentaire, révélant l’écart béant entre les promesses officielles et la réalité d’une jeunesse abandonnée.
