Par Ilyass Chirac Poumie
Les autorités électorales ont annoncé que les 12 bulletins de vote validés pour la présidentielle du 12 octobre sont déjà imprimés et distribués dans les 360 arrondissements du Cameroun. À ce stade, préviennent-elles, toute tentative de coalition ou de candidature unique serait considérée comme « un désordre volontaire » sans fondement légal, avec le risque de se retourner contre ses initiateurs le jour du scrutin.
Pour de nombreux observateurs et acteurs de l’opposition, cette position est interprétée comme un verrouillage politique, un diktat destiné à neutraliser toute dynamique d’union nationale susceptible de peser dans la balance électorale. Ils estiment que Yaoundé se retranche derrière des procédures techniques pour barrer la voie à une candidature consensuelle qui pourrait bouleverser le rapport de force.
Conformément à la loi électorale, les coalitions doivent être formalisées avant la validation et l’impression des bulletins par Elections Cameroon (Elecam). Une fois cette étape franchie, la liste est figée.
Mais plusieurs analystes dénoncent une lecture rigide et intéressée du texte, qui profiterait au statu quo politique. Alors que la présidentielle approche, l’opposition reste éparpillée et sous pression, dans un climat marqué par une forte méfiance envers les institutions électorales.
