Par Armand Soussia
Ferdinand Ngoh Ngoh a atteint quatorze années consécutives à la tête du secrétariat général de la présidence, un record inédit sous le magistère de Paul Biya. Cette longévité s’est accompagnée d’une série de controverses qui ont profondément nourri le débat public au Cameroun.
De la gestion des nombreuses task forces présidentielles, souvent critiquées pour leur opacité, à son rôle central dans la coordination de la riposte au Covid-19, Ferdinand Ngoh Ngoh a été cité dans plusieurs dossiers sensibles. Les choix opérés dans l’acquisition du matériel sanitaire et la distribution des fonds d’urgence ont suscité des interrogations récurrentes, notamment de la part de responsables politiques et d’organisations de la société civile.
L’autre feuilleton emblématique reste celui du stade Paul Biya d’Olembe. Retards, surcoûts, arbitrages contestés et recours fréquents aux instructions spéciales ont placé le secrétaire général au cœur de multiples polémiques. Plusieurs rapports administratifs et parlementaires ont pointé des responsabilités diffuses et une chaîne de décision trop concentrée à la présidence, un mécanisme dans lequel Ngoh Ngoh occupe une place stratégique.
Malgré ces controverses, il demeure l’un des collaborateurs les plus proches et les plus influents du chef de l’État, ce qui alimente autant les spéculations que les critiques à l’approche des échéances politiques futures. Nommé en décembre 2011, Ferdinand Ngoh Ngoh est le secrétaire général le plus durable de l’ère Biya.
Il a été au centre de dossiers majeurs : coordination des projets structurants pour la Can 2021, supervision directe de plusieurs task forces, rôle clé dans le pilotage administratif de la lutte contre le Covid-19, et arbitrages répétés sur le chantier d’Olembe. Ses fonctions l’ont également placé au carrefour des relations entre la présidence et les ministères, ce qui lui vaut une influence considérable et une exposition constante aux critiques.
