Par Mon’Esse
Le ministre camerounais en charge des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, a évoqué un «volume croissant de téléphones importés en contrebande avec incidence budgétaire et sur la sécurité nationale, et ayant accès au réseau local».
Dans une lettre aux opérateurs français Orange et sud-africain MTN, parvenue dimanche à la rédaction, il demande l’application des conclusions consensuelles issues de la réunion de concertation du 22 mai avec la direction générale des douanes, consistant au blocage des téléphones non répertoriés dans la plateforme de suivi dédiée.
La direction générale des douanes, rappelle-t-on, avait en début avril annoncé sa décision de déconnecter 700.000 appareils électroniques entrés illégalement dans le pays.
M. Motaze somme les opérateurs de bloquer les IMEI non enregistrés, conformément à une décision conjointe entre son département et les Télécommunications (Minpostel) du 25 mars, faute de quoi ils devront endosser la responsabilité fiscale y relative.
Il instruit à ces interlocuteurs de mettre en œuvre, de manière «urgente et complète», les mesures portant mise hors service des téléphones portables, tablettes numériques et terminaux ne s’étant pas acquittés de droits, avec un taux de dédouanement fixé à 33,33%, à la date sus-indiquée.
Il est à noter que l’opérateur public, la Cameroon Telecommunications (Camtel), n’est curieusement pas citée dans cette correspondance, alors qu’elle était également interpellée dans une première sommation du Minfi, mais s’était déclarée incapable d’appliquer la mesure de blocage des appareils électroniques, son système d’information actuel requérant de lourdes mises à jour de licences logicielles non budgétisées.
Lors d’une concertation avec l’Agence de régulation du secteur (ART), Orange et MTN avaient, eux, refusé de jouer les exécutants, pointant le vide juridique et réglementaire critique et agitant le spectre d’une crise sociale majeure.
Depuis 2020, note-t-on, l’État camerounais tente de capter les recettes douanières sur le marché des téléphones, estimées à un manque à gagner de 25 milliards de francs.
Trois ans plus tard, une première tentative de prélèvement direct, sur le crédit de communication des abonnés avait déjà capoté face au tollé général, L’application de l’article 6 de la loi de finances 2023, réactivée en mars dernier.
