Par Julie Peh
Tout bascule samedi , lorsque le jeune garçon est envoyé faire une course pour acheter du riz. À son retour, une dispute éclate. On l’accuse d’avoir gardé 500 francs sur la monnaie. Ce qui aurait dû être une simple réprimande se transforme en une séance de torture systématique. Selon les témoignages , l’enfant aurait été battu pendant des heures par sa grand-mère et son oncle.
Les images de la dépouille, qui circulent clandestinement sur les réseaux sociaux et les téléphones de la ville, témoignent de l’horreur. Un dos lacéré de plaies béantes et des traces de coups d’une intensité insoutenable pour un corps si frêle.

L’aspect le plus révoltant de cette affaire réside dans le fait que ce drame n’est pas un incident isolé, mais l’aboutissement d’un long calvaire. Des camarades de classe de la victime avaient déjà alerté le psychologue du GSD sur les traces de maltraitance que portait régulièrement leur ami.
« Le psychologue aurait contacté la mère à plusieurs reprises pour l’avertir que son fils était en danger de mort », rapportent des sources locales.
La mère, résidant à Douala, aurait été prévenue que si elle ne récupérait pas son enfant, elle finirait par « revenir chercher son corps sans vie ». Un avertissement prophétique qui n’a malheureusement pas suffi à briser le cycle de la violence. Le destin de l’enfant semble avoir été scellé par une réconciliation familiale fragile. Sa mère et sa grand-mère entretenaient une relation conflictuelle, marquées par dix ans de silence. C’est après une médiation récente que la mère, pensant les tensions apaisées, avait pris la décision de confier son fils à la grand-mère à Pouma. Un choix qui s’est avéré fatal.
À l’arrivée à l’hôpital, les médecins n’ont pu que constater le décès. Pour beaucoup, le petit garçon était déjà mort bien avant d’être transporté par ses bourreaux.
Aujourd’hui, la ville de Pouma est entre la stupeur et l’indignation. Si la grand-mère et l’oncle ont été interpellés par les autorités pour les besoins de l’enquête, la population réclame des sanctions exemplaires. Au-delà du fait divers, c’est le procès du silence et de l’indifférence qui est fait, celui d’un enfant dont les appels au secours, relayés par ses pairs, n’ont jamais trouvé d’écho protecteur.
