Par Ilyass Chirac Poumie
L’organisation de défense des droits humains Mandela Center International a dénoncé, dans un communiqué publié vendredi, la détention au secret présumée du journaliste camerounais Andrew Carlos Afana, disparu depuis le 4 février 2026 à Yaoundé.
Selon l’ONG, le journaliste de 35 ans aurait été « enlevé de manière arbitraire » par des éléments des forces de défense et de sécurité, avant d’être détenu dans les locaux de la Direction générale de la Recherche extérieure (DGRE), un service de renseignement rattaché à la présidence de la Cameroun. Les autorités n’ont, à ce jour, fourni aucune confirmation officielle sur son sort ni sur son lieu de détention.
L’organisation affirme que la victime serait maintenue au secret depuis près de 50 jours, sans accès à sa famille, à un avocat ni à des soins médicaux, et qu’elle subirait des traitements assimilables à de la torture. Elle qualifie cette situation de « détention arbitraire » et de « disparition forcée », en violation des conventions internationales ratifiées par le Cameroun.
Le Mandela Center appelle à la libération « immédiate et sans condition » du journaliste et exige l’ouverture d’une enquête « indépendante, impartiale et exhaustive » afin d’établir les responsabilités.
L’ONG met également en garde les autorités camerounaises contre d’éventuelles poursuites, nationales ou internationales, en rappelant que la détention au secret est strictement interdite par le droit international.
Aucune réaction officielle du gouvernement camerounais n’avait été enregistrée au moment de la publication.
La disparition d’Andrew Carlos Afana intervient dans un climat tendu autour de la liberté de la presse au Cameroun, marqué par plusieurs affaires impliquant des journalistes et les services de sécurité.
Elle s’inscrit notamment dans le sillage de l’affaire Martinez Zogo, journaliste retrouvé mort en janvier 2023 après avoir été enlevé. Cette affaire, qui implique des agents présumés des services de renseignement, fait toujours l’objet de procédures judiciaires suivies de près par l’opinion publique.
Selon Mandela Center International, la détention au secret — assimilée à une disparition forcée — constitue une violation grave du droit international, notamment du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Convention contre la torture, auxquels le Cameroun est partie.
Les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement l’usage de détentions arbitraires et de mauvais traitements dans certains services de sécurité du pays, appelant à des réformes structurelles et à une meilleure protection des libertés fondamentales.
