Accueil » Cameroun | Urbanisation: Yaoundé sous les eaux

Cameroun | Urbanisation: Yaoundé sous les eaux

De forts cumuls de pluie provoquent l'inondation et la paralysie du centre-ville.

by world top news
0 comments

Par Georges Parfait Owoundi

Une fois de plus. Une fois de trop. Il a suffi d’une pluie torrentielle de quelques dizaines de minutes ce jeudi pour que le centre-ville de la capitale politique métropolitaine se transforme en un vaste marécage urbain. Au cœur de la cité capitale, le décor est devenu apocalyptique en un clin d’œil, plongeant les Yaoundéens dans un éternel recommencement de chaos et de frustration.

Du boulevard du 20 mai au secteur de la Poste centrale, en passant par l’avenue Kennedy, le constat est le même : les rues ont été littéralement englouties. L’eau est montée en quelques instants, transformant le bitume en rivières de boue imprévisibles. Les conséquences directes de ce déluge soudain ont paralysé la ville. Des dizaines de véhicules se sont retrouvés submergés jusqu’aux capots, moteurs noyés. Les conducteurs les plus téméraires ont tenté le tout pour le tout, tandis que d’autres, résignés, ont abandonné leurs voitures au milieu des flots. Aux abords des grandes artères, les commerçants ont mené une bataille héroïque, mais perdue d’avance contre l’eau boueuse qui s’infiltrait dans les boutiques, menaçant les marchandises.

Enfin, des centaines de citadins se sont retrouvés bloqués sous les balcons, observant, impuissants, le spectacle désolant d’une capitale submergée. Pour traverser, certains ont dû se résoudre à marcher de l’eau jusqu’aux genoux. Sans surprise, cette montée des eaux a provoqué un effet domino sur le plan de la circulation. Les embouteillages, déjà légendaires à Yaoundé, ont atteint des proportions critiques. Faire 500 mètres prend désormais des heures. Tout est bloqué, les motos ne peuvent plus passer, les voitures reculent, c’est l’anarchie totale. Les axes secondaires reliant le centre-ville aux quartiers résidentiels ont immédiatement été saturés, créant un blocage généralisé à l’échelle de la cité administrative. Au-delà du spectacle saisissant, cette énième inondation relance le débat crucial sur la gestion urbaine de la ville aux sept collines. Comment une métropole de cette envergure peut-elle être mise à genoux par une simple, bien que forte, averse de saison ? Le diagnostic est connu de tous, mais les solutions tardent à se pérenniser.

D’un côté, les réseaux d’évacuation des eaux de pluie, souvent obsolètes et sous-dimensionnés, peinent à absorber les volumes d’eau actuels. De l’autre, le fléau de l’incivisme aggrave la situation : les caniveaux sont obstrués par des tonnes de bouteilles plastiques et de déchets ménagers. Lorsque la pluie arrive, la nature ne fait que reprendre ses droits, et les déchets retournent à l’envoyeur. Alors que la saison des pluies bat son plein, cette nouvelle inondation au centre-ville sonne comme un énième avertissement pour les autorités municipales et gouvernementales. Les travaux d’assainissement entamés ici et là montrent cruellement leurs limites face à l’urgence de la situation. Yaoundé ne peut plus se permettre de s’arrêter de vivre à chaque fois que le ciel gronde. Il en va de la sécurité des citoyens, mais aussi de la vitrine économique et politique du Cameroun. En attendant des mesures structurelles fortes, les Yaoundéens, les pieds dans l’eau, scrutent le ciel avec angoisse, redoutant déjà la prochaine averse.

You may also like

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest

0 Commentaires
Need Help? Chat with us
Panorama Papers
Support online
0
Would love your thoughts, please comment.x
()
x
Send this to a friend