Par Mon’Esse
Les prévisions mises à jour de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) misent sur un taux de croissance sous-régional de 3% en 2026, contre 3,7% un an auparavant, un taux d’inflation qui devrait dans le même temps se situer autour de 2,2%, contre 2% en 2025 alors que le repli du déficit budgétaire, base engagements, hors dons, se situerait à 4,5% du produit intérieur brut (PIB) contre 3,3% un an auparavant.
Pour l’ensemble de l’année 2026, les estimations des services de l’Institut d’émission font ressortir une croissance économique sous-régionale qui fléchirait à 3% en 2026, contre 3,7% un an plus tôt en raison notamment de la perte de dynamisme du secteur non pétrolier (3,4% en 2026, contre 4,6% en 2025).
Selon le rapport sur la politique monétaire sous-régionale, consulté mercredi par la rédaction, l’inflation se maintiendrait également au-dessous du seuil communautaire, avec un taux d’inflation de 2,2% en moyenne annuelle en 2026 contre 2% l’année d’avant.
Dans le même temps, le déficit budgétaire base engagements, hors dons, reviendrait de -4,5% du PIB en 2025 à -3,3% du PIB en 2026 et un solde du compte courant, dons officiels compris, déficitaire à 2,8% du PIB en 2026, après -4,2% du PIB une année plus tôt.
Au niveau sous-régional, l’activité économique a certes continué de progresser au deuxième trimestre, soutenue par le secteur privé et les produits de base, mais pénalisée par la faiblesse de la commande publique.
La croissance, rassure la Beac, devrait toutefois s’accélérer au troisième trimestre 2026, avec pour principaux moteurs le secteur privé, les produits de base et le démarrage progressif de projets d’infrastructures publiques.
Les contraintes énergétiques, logistiques et budgétaires, ainsi que le déclin des champs pétroliers matures, continueraient toutefois de freiner l’activité économique dans certains pays de la sous-région.
Selon les projections de la Banque centrale, l’Indice composite des activités économiques (Icae), en Afrique centrale, devrait enregistrer une croissance de 8,5% en glissement annuel au troisième trimestre, après 5,9% au deuxième trimestre, contre respectivement 6,0% et 9,1% un an auparavant.
Sur le plan des prix, le taux d’inflation sous-régional, en moyenne annuelle, est resté au-dessous de la norme communautaire à 1,4% en juin comme en mars, contre 3,5% en juin 2025.
En glissement annuel, le taux d’inflation a augmenté à 2,3% en juin, après 1% en mars contre 1,7% un an auparavant, traduisant ainsi le début de transmission des chocs externes liés au conflit au Moyen-Orient.
L’inflation sous-jacente, en moyenne annuelle, a pour sa part reculé à 1,4% en juin 2026, après 1,5% en mars 2026 et 2,6% en juin 2025 et s’est, en glissement annuel, établie à 2,2%, contre 1,9% en juin 2025.
À fin août, les réserves de change de la Beac se sont établies à 7 125 milliards de francs, en hausse de 4,7% en glissement annuel, une consolidation qui s’explique essentiellement par des emprunts à l’extérieur de l’administration publique, conjugués avec l’effet positif de l’augmentation des cours des hydrocarbures sur les recettes publiques d’exportation de certains États de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).
En matière d’orientation budgétaire, le Comité de politique monétaire (CPM) de la Beac a décidé de maintenir inchangés le taux d’intérêt des appels d’offres (4,50%), le taux de facilité du prêt marginal (5,75%), le taux de facilité de dépôt (0%) et les coefficients des réserves obligatoires à 6,50% sur les exigibilités à vue, et à 4% sur les exigibilités à terme.
