Par Ilyass Chirac Poumie
La Commission électorale proclame la victoire d’Alassane Ouattara tandis que le Conseil constitutionnel valide celle de Laurent Gbagbo. Deux présidents se réclament alors élus, ouvrant la voie à un affrontement armé. Entre décembre 2010 et avril 2011, la Côte d’Ivoire vit au rythme des combats. L’arrestation de Laurent Gbagbo à Abidjan, le 11 avril 2011, met fin à la crise, mais le bilan humain est lourd : plus de trois mille morts.
Transféré à La Haye, Laurent Gbagbo est jugé par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité. Après plusieurs années de procédure, il est acquitté en appel en janvier 2019. Entre-temps, en 2018, la justice ivoirienne le condamne par contumace à vingt ans de prison dans l’affaire dite du braquage de la BCEAO, une condamnation qui pèsera durablement sur sa carrière politique.
En avril 2021, Laurent Gbagbo effectue son grand retour en Côte d’Ivoire, accueilli triomphalement par ses partisans. En août 2022, Alassane Ouattara lui accorde une grâce présidentielle. Si ce geste permet d’apaiser les tensions, il ne lève pas pour autant les obstacles juridiques puisque la condamnation de 2018 continue de l’exclure des listes électorales.Fort de sa popularité, l’ancien président fonde le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), dans le but de rassembler l’opposition. De son côté, Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, se prépare à solliciter un nouveau mandat en s’appuyant sur la Constitution révisée en 2016 qui, selon ses partisans, lui ouvre la voie.
Le 26 août 2025, les deux hommes se retrouvent de nouveau face à face, leurs camps respectifs déposant leurs candidatures à la Commission électorale indépendante. Si le dossier d’Alassane Ouattara ne soulève pas de contestation juridique, celui de Laurent Gbagbo est fragilisé par sa radiation de la liste électorale. Le Conseil constitutionnel devra trancher dans les prochaines semaines, ouvrant une nouvelle page de ce duel politique qui façonne l’avenir du pays depuis plus d’une décennie.
