Par Joseph OLINGA N.
La hantise est perceptible au sein du gouvernement camerounais. Face à la crise pétrolière que connait le monde, du fait de la fluctuation des prix des hydraucarbures, le gouvernement camerounais doit prévenir la pénurie qui se profile du fait de la modicité des stocks disponibles. Pour faire face au manque d’essence et de gasoil que des marketeurs estiment imminente, le gouvernement camerounais entend remobiliser des traders pour approvisionner le marché local. La manoeuvre confiée à la Caisse de stabilisation des prix des hydraucarbures (Csph), a pour objectif de s’approvisionner sur le marché international à prix fixe malgré les fluctuations des prix que connaît le baril de pétrole. L’autre ambition du gouvernement camerounais est de mobiliser des traders auxquels il avait brusquement renoncé à la fin de l’année 2023. Une décision dont l’objectif était de libéraliser le secteur afin de permettre aux consommateurs de s’approvisionner aux prix les plus bas à la pompe.
Quoique producteur de brut, le Cameroun demeure très dépendant des prix des hydraucarbures sur le marché international. Une dépendance encore plus perceptible depuis le déclenchement de la crise sécuritaire qui prévaut dans le moyen Orient. La guerre à laquelle se livre les États-Unis et Israël contre l’Iran a conduit à la fermeture du détroit d’Ormuz, corridor par lequel transité près d’un quart des ressources énergétiques mondiales. Conséquence, l’immobilisation des transits dans ce canal contrôlé par l’Iran a provoqué la hausse des prix de l’essence et du gasoil dans de nombreux pays à travers la planète.
Au gré de la météo qu’il fait sur le marché, le prix du baril de pétrole brut oscille entre 100 et 120 Dollars. Des analyses économiques craignent d’ailleurs que ces prix augmentent si la guerre au Moyen-Orient perdure comme cela est le cas.
Concurrence
Le recours du gouvernement camerounais aux traders semble ne pas prendre en compte le caractère concurrentiel qui définit l’accès à l’essence et au gasoil sur le marché international. Une source proche du dossier indique que le gouvernement entend acquérir la tonne métrique d’essence à 95 Dollars et celle de gazoil a 75 Dollars. Une projection dont l’effectivité est remis en doute par les analystes économiques qui doute, à priori, de la disponibilité des traders à fournir le Cameroun dans ce contexte marqué par la fluctuation des prix sur le marché international. Mais aussi l’augmentation de la demande qui, elle, est conditionnée par la disponibilité des ressources financières. Une réalité qui fait douter les analystes économiques de la faisabilité de la manoeuvre gouvernementale.
Le gouvernement camerounais entend maîtriser son budget tout en prévenant une éventuelle pénurie tout en excluant l’option de la subvention des prix pour conserver la stabilité des prix à la pompe. Une option par ailleurs déconseillée par le Fonds monétaire international (Fmi) et la Banque mondiale qui, en cas de recours du gouvernement camerounais à la subvention des prix à la pompe, pourrait durcir les modalités d’accès du Cameroun aux crédits financiers sur les places internationales.
Stocks modiques
Alors que les prix de l’essence et du gasoil ne cesse de grimper dans de nombreux pays, une source proche de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (Scdp) confie que le Cameroun dispose d’un stock d’essence permettant d’approvisionner le marché local sur à peine un mois. La même source soutient que le stock de gasoil actuel peut approvisionner le marché camerounais sur une dizaine de jours tout au plus. Une réalité qui renforce les craintes dans les milieux économiques et financiers locaux qui présagent déjà du ralentissement général des activités génératrice de revenus.
