Par Ross Hill
Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté lundi, par 13 voix pour et deux abstentions (Russie et Chine), une résolution portée par les États-Unis qui valide le plan de paix annoncé par Donald Trump et autorise le déploiement d’une force internationale de stabilisation dans la bande de Gaza. Le dispositif, baptisé International Stabilization Force (ISF), se voit confier un mandat de deux ans incluant la sécurisation des frontières, la protection des civils, le désarmement des groupes armés non étatiques ainsi que l’appui à la reconstruction du territoire.
L’initiative s’inscrit dans la suite du cessez-le-feu fragile négocié le 10 octobre et prévoit également la création d’un Comité de la paix, présidé par Donald Trump, chargé de superviser une transition politique jusqu’en décembre 2027. Washington présente cette résolution comme une étape décisive vers une stabilisation durable de Gaza.
Le secrétaire général de l’Onu, António Guterres, a toutefois mis en garde contre les risques d’illégitimité si la force intervenait sans un mandat clair et pleinement reconnu par l’ensemble des acteurs onusiens. Le Hamas a, pour sa part, rejeté catégoriquement le plan, estimant que la clause de désarmement représente une atteinte à sa dignité nationale et une violation de la souveraineté palestinienne. Plusieurs groupes palestiniens dénoncent par ailleurs le risque de voir Gaza placée sous tutelle internationale.
L’adoption de cette résolution ouvre une nouvelle phase diplomatique dont la mise en œuvre pourrait s’avérer complexe, au regard des profondes divisions régionales et des réactions hostiles persistantes. L’adoption de forces internationales sous mandat onusien a déjà été utilisée par le passé dans des contextes de sortie de crise, notamment au Liban ou en Haïti. Dans le cas de Gaza, la situation demeure particulièrement volatile, marquée par des années de conflit entre Israël et le Hamas, des cycles répétés d’escalades militaires et un effondrement structurel des infrastructures civiles. La résolution intervient après plusieurs mois d’efforts diplomatiques américains visant à proposer une architecture de sécurité et de gouvernance post-conflit.
