Par Ross Hill
Washington muscle sa politique commerciale
Les nouveaux droits de douane mondiaux voulus par Donald Trump sont entrés en vigueur ce mardi 24 février. Concrètement, une surtaxe de 10 % s’applique désormais à la majorité des produits importés aux États-Unis, marquant un nouveau tournant protectionniste de la politique commerciale américaine.
Cette décision intervient quelques jours après un coup d’arrêt judiciaire. La Cour suprême des États-Unis a limité l’usage d’un dispositif juridique invoqué par l’exécutif pour imposer des surtaxes précédentes. En réponse, l’administration a activé une autre base légale, issue du Trade Act de 1974, permettant l’instauration temporaire de barrières tarifaires sans vote immédiat du Congrès.
Une mesure temporaire… et évolutive
Le taux fixé à 10 % pourrait évoluer. Le président américain a déjà évoqué une possible hausse à 15 %, laissant planer l’hypothèse d’un durcissement supplémentaire si les partenaires commerciaux de Washington ne font pas de concessions.
La mesure est prévue pour une durée maximale de 150 jours sans validation parlementaire. Au-delà, une approbation du Congrès serait nécessaire pour la prolonger.
Certaines exceptions subsistent : les produits couverts par l’accord de libre-échange nord-américain (Udmca/Aceum) ne sont pas concernés, et les tarifs sectoriels déjà en place continuent de s’appliquer.
Vives réactions à l’international
En Europe et en Asie, plusieurs gouvernements ont exprimé leur inquiétude face à une décision jugée unilatérale. Des représentants industriels redoutent une hausse des coûts, des perturbations logistiques et d’éventuelles mesures de rétorsion.
Les marchés financiers ont réagi avec prudence, oscillant entre repli et volatilité accrue. Les investisseurs craignent un ralentissement des échanges mondiaux et une résurgence des tensions commerciales comparables à celles observées lors du premier mandat de Donald Trump.
Un pari politique et économique
Pour la Maison-Blanche, ces nouveaux droits de douane visent à protéger l’industrie nationale et à rééquilibrer la balance commerciale. Ses détracteurs y voient au contraire un risque d’inflation supplémentaire pour les consommateurs américains et de crispations diplomatiques durables.
À court terme, la décision place les partenaires des États-Unis face à un choix : négocier rapidement avec Washington ou préparer des contre-mesures. Dans un contexte économique déjà fragile, l’équilibre du commerce mondial se retrouve une nouvelle fois sous tension.
