Par Ross Hill
La Ghanéenne de 38 ans, identifiée comme Annabella Gyasi, était arrivée le 19 mai aux États-Unis avec son fils de quatre ans, munis de visas valides. Selon les documents judiciaires et ses avocats, elle se rendait dans l’État de l’Ohio afin que son enfant, né avec une grave malformation des mains, puisse bénéficier d’un suivi médical spécialisé.
À leur arrivée à l’Washington Dulles International Airport, les services d’immigration américains les ont placés en détention après que la mère a déclaré craindre des persécutions en cas de retour au Ghana et envisager une demande d’asile. Les autorités ont alors estimé que les conditions d’utilisation de leurs visas touristiques n’étaient plus respectées.
Selon les avocats de la famille et l’American Civil Liberties Union of Virginia, la femme enceinte et son enfant ont été maintenus pendant plus d’une semaine dans une salle sans fenêtre de l’aéroport. La mère aurait été hospitalisée à deux reprises pour des complications liées à sa grossesse, notamment des saignements et une hypertension artérielle. Les autorités américaines contestent toutefois les accusations de mauvais traitements et affirment que les personnes détenues ont accès à une alimentation adéquate ainsi qu’à des soins médicaux.
Saisie du dossier, la juge fédérale Leonie Brinkema a estimé que l’intérêt de la justice et le bien-être de la mère et de son fils justifiaient leur retour immédiat au Ghana. Après plusieurs jours de détention, Annabella Gyasi a accepté l’expulsion et les deux passagers ont quitté les États-Unis à destination du Ghana.
Cette affaire intervient dans un contexte de durcissement de la politique migratoire américaine. Les organisations de défense des droits civiques dénoncent les conditions de détention imposées à certaines familles migrantes, tandis que les autorités soutiennent appliquer strictement les règles d’entrée sur le territoire américain lorsqu’un voyageur déclare vouloir solliciter l’asile après son arrivée.
