Par Sasha Blanche
Sonia Mabrouk a dénoncé une « altération certaine et effective » de sa relation avec une partie de la direction de CNews depuis qu’elle a pris ses distances avec le maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini, explique-t-elle dans un communiqué annonçant sa démission. « Hier, aujourd’hui, comme demain, ma boussole restera la préservation de l’intérêt des victimes », affirme-t-elle.
Le 20 janvier, la journaliste avait été la première figure de la chaîne à s’exprimer publiquement sur le sujet. Interpellée en direct par son invité, le député socialiste Jérôme Guedj, elle avait déclaré que le « respect » qu’elle voue à sa direction ne signifiait pas « cautionner » le maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne. « J’avoue que je n’en dors pas depuis plusieurs jours », avait-elle ajouté.
Animatrice de La grande interview, diffusée chaque matin sur CNews et Europe 1, ainsi que de Midi News sur CNews, Sonia Mabrouk estime que ses prises de position, « pourtant largement partagées, notamment en interne », ont conduit à une situation qu’elle dit regretter mais dont elle « prend acte ». Âgée de 48 ans, elle précise qu’elle restera à l’antenne pendant la durée de son préavis, fixé à un mois.
Le maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne continue de provoquer de forts remous au sein de la chaîne. Le 14 janvier, la Cour de cassation a rendu définitive sa condamnation pour corruption de mineurs, pour des messages à caractère sexuel adressés à trois adolescents entre 2009 et 2016. L’animateur de 60 ans a par ailleurs renoncé, le 22 janvier, à contester une condamnation pour harcèlement sexuel dans une autre affaire, la rendant également définitive.
Il est en outre visé par une nouvelle plainte pour “tentative de corruption de mineurs”, concernant des faits prescrits, a confirmé vendredi le parquet de Lille à l’Afp, corroborant une information de Mediapart.
Dans ce contexte, le milliardaire Vincent Bolloré doit être convoqué fin février par la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, notamment pour s’expliquer sur le maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne de CNews. La chaîne appartient au groupe Canal+, dont Vincent Bolloré est l’actionnaire de référence. La décision de conserver l’animateur malgré ses condamnations a suscité de vifs débats internes. Outre Sonia Mabrouk, Pascal Praud et Laurence Ferrari ont publiquement pris leurs distances. Dimanche, Philippe de Villiers, animateur sur CNews, ainsi que le Journal du Dimanche, autre média du groupe Bolloré, ont à leur tour exprimé leur désapprobation.
