Par Armand Soussia
Cent dix ans après son départ forcé de la Côte d’Ivoire, un tambour parleur, instrument traditionnel de grande importance culturelle, a été restitué officiellement par la France. La cérémonie, qui s’est tenue à Abidjan en présence de responsables ivoiriens et français, symbolise la volonté des deux pays de renforcer les liens culturels et de réparer une partie des injustices du passé colonial.
Le tambour parleur, utilisé traditionnellement pour transmettre messages et annonces importantes dans les communautés, avait été emporté en 1916 à l’occasion d’expéditions coloniales françaises. Il avait depuis intégré les collections d’un musée en France, où il avait été conservé pendant plus d’un siècle.
Pour Alassane Ouattara, cette restitution s’inscrit dans un effort de préservation et de valorisation du patrimoine culturel ivoirien. « Recevoir ce tambour parleur est bien plus qu’un retour d’objet : c’est un retour de notre mémoire et de notre histoire », a-t-il déclaré lors de la remise officielle.
Du côté français, la restitution s’inscrit dans la politique initiée par le président Emmanuel Macron visant à rendre plusieurs œuvres et objets d’art africains conservés dans les musées français, dans un cadre de coopération et de dialogue avec les pays d’origine. Ce geste intervient après plusieurs recommandations de commissions historiques et la signature d’accords bilatéraux sur la restitution des biens culturels.
Les experts estiment que le retour du tambour parleur, au-delà de sa valeur symbolique et patrimoniale, pourrait encourager la réhabilitation d’autres objets culturels africains dispersés à l’étranger, tout en alimentant le débat sur la mémoire et la réparation des exactions liées à la période coloniale.
Pour la Côte d’Ivoire, cette restitution constitue une victoire symbolique et culturelle majeure, réaffirmant l’importance de la sauvegarde du patrimoine immatériel et matériel dans la construction de l’identité nationale.
