Avec notre correspondant, Madani Charaf
En pleine escalade militaire entre Israël et Iran, les autorités israéliennes ont considérablement renforcé la censure imposée aux médias couvrant les frappes de missiles et leurs conséquences sur le territoire.
Depuis juin 2025, le censeur militaire exige une autorisation écrite préalable pour toute couverture journalistique depuis une zone d’impact ou un secteur de combat. Les autorités justifient ces restrictions par des impératifs de sécurité, affirmant que certaines images ou diffusions en direct pourraient être exploitées par les services de renseignement iraniens afin d’ajuster leurs tirs.
Dans ce contexte, une loi d’urgence prévoit désormais des sanctions pénales sévères. La publication de vidéos non autorisées, notamment sur les réseaux sociaux, peut entraîner jusqu’à cinq ans de prison. Les autorités menacent également de poursuites toute personne documentant ou diffusant des images des dégâts sans validation officielle.
L’objectif affiché par l’armée est d’empêcher les retransmissions en direct susceptibles de servir de « correction de tir » pour les forces adverses. Les caméras fixes d’agences de presse ou les images prises par des civils sont particulièrement visées par ces restrictions.
Sur le terrain, cette politique a instauré un contrôle strict de l’information. Les citoyens israéliens reçoivent désormais des informations largement filtrées concernant l’ampleur réelle des dégâts provoqués par les tirs de missiles en provenance d’Iran ou du Liban.
Le climat s’est également tendu pour les journalistes présents sur les sites de frappes, notamment dans la région de Tel-Aviv. Selon plusieurs témoignages, des militants d’extrême droite ont agressé ou tenté d’empêcher des équipes de reporters de filmer les conséquences des bombardements.
Depuis l’intensification du conflit régional opposant indirectement Israël et Iran, marquée par des frappes de missiles et de drones, les autorités israéliennes redoutent que la diffusion d’images détaillées des impacts puisse aider leurs adversaires à améliorer la précision de leurs attaques. Cette crainte a conduit à un renforcement progressif de la censure militaire, déjà traditionnellement stricte dans le pays en période de guerre.
