Avec Francis Annagu avec Afp
Les États-Unis ont déployé une petite équipe de militaires au Nigeria, a annoncé mardi le général Dagvin R.M. Anderson, chef du Commandement des États-Unis pour l’Afrique Africom, alors que le pays est confronté à une insurrection jihadiste persistante.
Selon le général Anderson, cette présence s’inscrit dans une collaboration accrue entre Washington et Abuja, destinée à appuyer les efforts engagés depuis plusieurs années par les forces nigérianes.
Il a précisé que l’équipe américaine apportait des compétences spécifiques, sans détailler la nature exacte de ses missions.
Cette décision intervient après des pressions diplomatiques américaines liées aux violences menées par des groupes jihadistes et armés. Le président Donald Trump avait notamment affirmé que les chrétiens du Nigeria étaient victimes de persécutions et d’un génocide, des accusations rejetées par les autorités nigérianes et la majorité des experts, qui soulignent que les violences touchent à la fois chrétiens et musulmans.
Fin janvier, l’Africom avait indiqué à l’Afp que l’armée américaine renforçait ses livraisons de matériel et le partage de renseignements avec le Nigeria dans le cadre d’une stratégie visant à combattre les groupes affiliés à l’État islamique.
Le jour de Noël, des frappes américaines ont visé des positions de l’État islamique dans l’État de Sokoto, dans le nord-ouest du Nigeria. Le soutien américain se concentre également sur le nord-est du pays, théâtre depuis 2009 d’une insurrection menée par Boko Haram et sa faction dissidente, l’État islamique en Afrique de l’Ouest ISWAP.
Le Nigeria est presque également partagé entre un nord majoritairement musulman et un sud principalement chrétien. Si des millions de personnes y cohabitent pacifiquement, les identités religieuses et ethniques demeurent sensibles dans un pays régulièrement secoué par des violences confessionnelles et des attaques de groupes armés.
