Par Reagan Lebisano
La République démocratique du Congo a décidé de suspendre la transformation de la production artisanale de cuivre et de cobalt. Un arrêté signé le 19 décembre par le ministre des Mines, Louis Kabemba Watum, ordonne « à titre conservatoire et préventif » l’arrêt des activités de toutes les entités de traitement des substances minérales provenant de l’exploitation minière artisanale de la filière cupro-cobaltifère sur l’ensemble du territoire national.
Selon le texte, certaines unités de traitement s’approvisionnent en minerais issus de périmètres miniers sans autorisation des titulaires des droits, favorisant des transactions jugées illicites. Ces pratiques sont, d’après les autorités, à l’origine de l’envahissement des concessions industrielles par des exploitants clandestins et par certaines coopératives minières pourtant agréées.
Par cette mesure, le gouvernement congolais cherche à mieux encadrer la chaîne d’approvisionnement du cuivre et du cobalt, deux minerais stratégiques pour l’économie nationale et pour les marchés internationaux. Premier producteur mondial de cobalt et acteur majeur du cuivre, la Rdc a récemment multiplié les interventions sur ce secteur.
Kinshasa a successivement imposé un embargo puis des quotas sur les exportations de cobalt afin de soutenir les prix mondiaux. La suspension de la transformation de la production artisanale s’inscrit dans cette stratégie de régulation, visant à lutter contre l’exploitation illégale, à sécuriser les sites industriels et à renforcer le contrôle de l’État sur les ressources minières.
