Par Olivia Lemot
À Cernavodă, le premier des deux réacteurs avait déjà été mis hors service fin juillet. L’arrêt du second prive temporairement la Roumanie de sa seule centrale nucléaire, dont les deux unités de 706 MW fournissent habituellement environ 20 % de l’électricité du pays. L’opérateur Nuclearelectrica assure que l’opération ne présente aucun risque pour la sûreté nucléaire.
Les autorités roumaines avaient pourtant multiplié les opérations exceptionnelles pour maintenir l’alimentation en eau de la centrale : dragage, explosions contrôlées d’obstacles rocheux et utilisation de barges pour tenter de réorienter une partie du débit du Danube. Ces interventions n’ont pas empêché le fleuve d’atteindre des niveaux historiquement bas.
En Hongrie, la situation est également critique. La centrale nucléaire de Paks, qui représente près de la moitié de la production électrique nationale, a vu sa puissance fortement réduite. Budapest prévoit désormais la construction d’un seuil dans le lit du Danube, avec environ 145 000 mètres cubes de roche, afin de relever artificiellement le niveau de l’eau près des installations de pompage. Deux barges pourraient également être immergées.
La crise est provoquée par une combinaison de sécheresse persistante et de fortes chaleurs qui a fait chuter le débit du Danube à des niveaux records. Les centrales de Cernavodă et de Paks dépendent directement du fleuve pour leurs systèmes de refroidissement.
La situation alimente également les discussions sur les médias sociaux autour de la vulnérabilité des infrastructures énergétiques européennes face aux épisodes climatiques extrêmes. Au-delà du nucléaire, la baisse du Danube perturbe la navigation et affecte également la production hydroélectrique dans plusieurs pays de la région.
Pour la Roumanie comme pour la Hongrie, l’urgence est désormais double : sécuriser l’approvisionnement électrique pendant la sécheresse et adapter, à plus long terme, leurs infrastructures nucléaires à des périodes de chaleur et de faible débit des fleuves appelées à devenir plus difficiles à gérer.
