Par Madani Charaf
Khartoum – Trois années de guerre ont profondément meurtri le Soudan. Des milliers de personnes ont perdu la vie et des millions d’autres ont été contraintes de fuir leurs foyers depuis le déclenchement, en avril 2023, des affrontements entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide.
Des journalistes de l’Associated Press ont passé plus d’une semaine dans et autour de la capitale soudanaise après sa reprise par l’armée l’an dernier. Leur reportage met en lumière une ville encore marquée par la guerre : bâtiments détruits, quartiers abandonnés et populations traumatisées, malgré un timide retour à la vie quotidienne.
À Khartoum, de nombreux habitants tentent de reconstruire leur existence après avoir perdu des proches, leur maison ou leurs moyens de subsistance. Certains portent les séquelles physiques des combats, tandis que d’autres demeurent hantés par les violences et les déplacements forcés.
Le conflit a provoqué l’une des plus importantes crises de déplacement au monde. Selon les agences humanitaires internationales, plusieurs millions de Soudanais ont été déplacés à l’intérieur du pays ou ont trouvé refuge dans les États voisins, notamment au Tchad, au Soudan du Sud et en Égypte.
Bien que l’armée ait repris le contrôle de la capitale, les combats se poursuivent dans plusieurs régions du pays, notamment au Darfour, où la situation humanitaire reste particulièrement préoccupante.
La guerre au Soudan a éclaté le 15 avril 2023 après l’échec des négociations sur l’intégration des Forces de soutien rapide au sein de l’armée régulière. Le conflit oppose le général Abdel Fattah al-Burhan, chef de l’armée soudanaise, à son ancien allié, le général Mohamed Hamdan Dagalo. Depuis lors, le pays s’est enfoncé dans une crise sécuritaire et humanitaire majeure, que les Nations unies qualifient de l’une des plus graves catastrophes contemporaines.
