Par Ilyass Chirac Poumie
Le cœur de son intervention consiste en des accusations selon lesquelles son entourage familial, y compris ses parents, souhaiterait sa mort. Elle affirme avoir été menacée directement au téléphone par le directeur de cabinet de son père, qui lui aurait dit :
« Tu vas au verdoser (sic, probablement pour “faire une overdose”) et tu vas mourir ».
Brenda Biya se dit persuadée d’avoir été « sacrifiée » par ces gens et déclare vivre dans la souffrance, se sentant entourée de personnes qui veulent sa mort.
Accusations, complot et menace de mort
Une rupture familiale totaleDans une séquence de rupture violente, elle annonce officiellement
« couper les ponts » avec ses parents. Elle les accuse de lui avoir « fait du mal toute [sa] vie » et de vouloir désormais la tuer. Elle renonce également à tout financement familial (« Je ne prendrai plus un seul sous »),
affirmant que l’argent était un moyen de contrôle.
Pour la première fois de manière aussi explicite, Brenda Biya a mêlé ces drames familiaux à la politique camerounaise. Elle a déclaré :
« Je ne voterai pas Paul Biya ».
Elle présente des excuses au peuple camerounais pour les souffrances endurées sous le régime de son père, qu’elle qualifie de
« personne qui est censée [être] mon père qui fait souffrir toute une nation depuis des années ».
Elle conclut en appelant explicitement :
« ne votez pas Paul Biya pas par rapport à moi mais parce qu’il a assez fait souffrir cette jambe (sic, probablement pour “cette nation”) ».
Déclaration sous le signe de la détresse
L’ensemble de la vidéo est marqué par un profond désarroi, un sentiment de paranoïa et des incohérences dans le discours
« il a toujours été crevettes envers moi ». La jeune femme se dit suicidaire, affirme ne plus avoir « ni famille ni amis »
et annonce son intention de se retirer des réseaux sociaux et de déménager.
Cette sortie publique et extrêmement grave intervient dans un contexte où la santé et l’absence prolongée du président Paul Biya, 91 ans, au pouvoir depuis 1982, font régulièrement l’objet de rumeurs et de questions. La gestion de sa succession et les luttes de pouvoir internes à son entourage sont un sujet de préoccupation majeur pour les observateurs politiques.
