Par Sasha Blanche
Un journaliste travaillant pour une chaîne de télévision allemande a été placé en détention en Turquie pour « insulte au président », une accusation régulièrement utilisée par les autorités contre des journalistes, des opposants et des internautes critiques du pouvoir.
Selon les premiers éléments communiqués par son employeur, le reporter aurait été interpellé après la diffusion d’un reportage jugé offensant à l’égard du chef de l’État turc, Recep Tayyip Erdoğan. Le parquet invoque l’article 299 du code pénal turc, qui punit l’insulte au président de peines pouvant aller jusqu’à quatre ans de prison.
L’arrestation suscite des réactions en Allemagne. La chaîne concernée a dénoncé une décision « disproportionnée » et appelé à la libération rapide de son collaborateur. Le ministère allemand des Affaires étrangères a indiqué suivre l’affaire « de près », rappelant l’importance de la liberté de la presse et du respect des droits fondamentaux.
Depuis plusieurs années, les relations entre Turquie et certains pays européens sont marquées par des tensions récurrentes autour de l’état de droit. Les organisations de défense des droits humains estiment que des milliers de procédures pour « insulte au président » ont été ouvertes depuis l’arrivée au pouvoir de Recep Tayyip Erdoğan, visant journalistes, universitaires et simples citoyens.
Ankara, de son côté, affirme que ces poursuites relèvent du strict respect de la législation nationale et du devoir de protéger la dignité de la fonction présidentielle.
L’affaire pourrait raviver les critiques internationales sur la situation de la liberté de la presse en Turquie, régulièrement pointée du doigt par les ONG et les institutions européennes.
