Par Reagan Lebisabo
Son interpellation a été exécutée sur la base d’un mandat d’arrêt délivré par les autorités judiciaires de la République démocratique du Congo. Le ministère congolais de la Justice affirme que Denise Mukendi est visée dans plusieurs dossiers pénaux en cours d’instruction, sans toutefois préciser les faits concernés ni les chefs d’accusation susceptibles d’être retenus contre elle.
Les autorités rappellent que cette arrestation constitue un acte de procédure et ne préjuge pas de sa culpabilité. Aucun détail n’a encore été communiqué sur le parquet devant lequel elle sera présentée ni sur le calendrier de la procédure.
Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a cependant adopté un ton plus offensif. Sur les médias sociaux, il a présenté l’arrestation de Denise Mukendi comme « la première d’une longue liste », assurant que la justice congolaise atteindra les personnes recherchées, où qu’elles se trouvent dans le monde.
Ancienne candidate à la députation nationale, Denise Mukendi avait longtemps défendu Félix Tshisekedi avant de rompre avec le pouvoir. Après son départ de la RDC, elle était apparue à Goma, ville contrôlée par l’AFC/M23, ainsi qu’à Kigali. Dans plusieurs vidéos, elle avait apporté son soutien à la rébellion, prédit la prise d’autres villes et multiplié les attaques contre le président congolais, son épouse et plusieurs responsables du pays.
En décembre 2024, elle avait déjà été condamnée à trois ans de prison pour faux bruits, faux en écriture et injures publiques dans l’affaire l’opposant à Jacky Ndala. Elle avait bénéficié d’une libération conditionnelle en mars 2025. En juin 2026, la Cour d’appel de Liège l’avait également condamnée par défaut à trois ans de prison ferme pour non-présentation d’enfant.
Cette opération intervient alors que Kinshasa durcit son dispositif judiciaire et numérique contre les campagnes d’insultes, les discours de haine et les réseaux accusés de soutenir l’AFC/M23. Le gouvernement prépare notamment une structure interministérielle de surveillance de l’espace numérique et cherche à renforcer ses accords de coopération judiciaire avec plusieurs pays.
Le transfert de Denise Mukendi illustre également l’étroite coopération sécuritaire entre la Rdc et la Tanzanie, moins de deux semaines après une rencontre à Zanzibar entre Félix Tshisekedi et la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan.
