Par Serge Aimé BIKOI
Le premier indice qui ressort de l’enquête préliminaire et révélé par le colonel Jean Pierre Otoulou, est l’audio contenant la déclaration de Bidjongo Mbede Albert plus connu sous le pseudonyme de capitaine Arthur Essomba. Déclaration dans laquelle il avait joint Amougou Belinga par téléphone pour lui indiquer qu’il a des informations importantes sur l’affaire Martinez Zogo. Sur le champ, le patron du groupe L’Anecdote lui a fait savoir qu’il a des responsables à la Dgre capables de le lui faire savoir. Aussi a-t-il ajouté que le lieutenant-colonel Justin Danwe et Léopold Maxime Eko sont ses personnes. Pour Me Guy Léonard Gueyo, avocat de Bidjongo Mbede Albert, il s’agit d’un audio que le commissaire du gouvernement n’a jamais produit. “Il était question de savoir si l’officier supérieur de l’armée camerounaise a, préalablement, pris la peine d’authentifier le contenu de cette clé Usb avant de la transmettre au commissaire du gouvernement. Il(Jean Pierre Otoulou) fait des déclarations graves à l’endroit de mon client suivant lesquelles il aurait causé avec Amougou Belinga pour lui donner des informations importantes, mais personne ne peut certifier, à ce jour, que non seulement cet audio existe, mais que le contenu de cet audio renvoie effectivement à mon client Bidjongo Mbede Albert et à M. Amougou Belinga. Il pourrait s’agir de l’Ia(Intelligence artificielle)”, indique Me Gueyo.
L’avocat de Bidjongo explique qu’il s’agit là d’une faute technique tant l’Antic(Agence nationale des technologies et de l’information) est habilitée à authentifier le contenu de cet audio qui fait ressortir l’échange entre le patron du groupe L’Anecdote et son client. “Avez-vous saisi l’Antic à l’effet d’authentifier l’audio ?”, question posée à J.P. Otoulou par Me Gueyo. “Non!”, répond le commandant de la légion de gendarmerie du Centre au moment des faits.
De plus, l’avocat de l’accusé Bidjongo a demandé à l’officier de police judiciaire s’il avait obtenu une autorisation préalable exigée de la personne qui lui a remis ce support audio, s’il avait obtenu la production d’une autorisation préalable du commissaire du gouvernement avant usage de cet audio. “Car, voyez-vous, explique G.L. Gueyo, la protection de la vie privée est un droit fondamental garanti par la constitution, lequel droit ne peut être levé, ou atténué qu’en exécution d’une loi, notamment lorsqu’un individu fait l’objet d’une poursuite pour crime ou délit, l’officier de police judiciaire peut mettre cette personne sur écoute, mais à des conditions particulières prévues dans l’article 93 al.2 du Code de procédure pénale. Il faudrait, au préalable, que l’officier de police judiciaire obtienne une autorisation du procureur de la République ou du commissaire du gouvernement ou encore du juge d’instruction”, clame l’homme en robe noire.
De manière concrète, le conseil du capitaine Arthur Essomba conclut à la thèse selon laquelle il a fait des allégations à l’endroit de son client sur la base des documents qui ont été administrés en violation de la loi. “Aux magistrats du tribunal militaire de Yaoundé de tirer donc les conséquences de droit qui s’imposent”, assène, in fine, G.L. Gueyo.
J.P. Otoulou a, au cours de cette cross-examination, relevé que Bidjongo Mbede Albert n’a pas été entendu lors de l’enquête préliminaire, tout autant qu’il n’a pas été mis en cause. L’affaire a été renvoyée à mardi, 1er septembre pour poursuite du contre-interrogatoire du colonel Jean Pierre Otoulou.
