Par Matheo Enrique
L’ancien responsable est arrivé vendredi soir à l’aéroport de Guayaquil, sous escorte d’agents de la police américaine de l’immigration, avant d’être transféré vers cet établissement pénitentiaire situé dans la province de Santa Elena. Une ordonnance de détention provisoire avait été prononcée contre lui par la justice équatorienne.
José Serrano figure parmi les sept personnes poursuivies comme auteurs intellectuels présumés de l’assassinat de Fernando Villavicencio. Le candidat à l’élection présidentielle avait été abattu le 9 août 2023, à la sortie d’un meeting de campagne à Quito.
Le parquet soupçonne notamment Serrano d’avoir transmis au groupe criminel Los Lobos des informations relatives aux déplacements de Villavicencio. L’ancien ministre conteste les accusations portées contre lui et reste présumé innocent tant qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée.
Proche de l’ancien président Rafael Correa, José Serrano avait dirigé le ministère de l’Intérieur avant de présider l’Assemblée nationale entre 2017 et 2018. Il était entré aux États-Unis avec un visa touristique en mai 2021 et avait demandé l’asile cinq mois plus tard, affirmant être menacé par des groupes criminels combattus lorsqu’il était ministre.
Sa demande d’asile a été rejetée en mai 2026. Détenu par la police américaine de l’immigration depuis août 2025, il avait cependant obtenu une protection contre son renvoi au titre de la Convention des Nations unies contre la torture. Les circonstances dans lesquelles cette protection a finalement été levée n’ont pas été précisées.
Le président équatorien Daniel Noboa a annoncé personnellement son retour et sa détention. L’arrivée de Serrano résulte d’une procédure administrative d’expulsion engagée par les États-Unis et non de la procédure judiciaire d’extradition initialement sollicitée par Quito.
