Home CultureAfrique🇧🇯 Bénin | Restitution culturelle : La statue de Gou au cœur de la demande béninoise

🇧🇯 Bénin | Restitution culturelle : La statue de Gou au cœur de la demande béninoise

Reçu lundi 5 octobre à l'Élysée par Emmanuel Macron pour sa première visite officielle en France, le président Romuald Wadagni a officiellement relancé la demande de restitution de 35 biens culturels pillés pendant la colonisation — dont la statue du dieu Gou, conservée au Louvre. Le cadre juridique français n'a jamais été aussi favorable.

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Par Cynthia Konan Tawa

Paris, 7 octobre 2026 (Panorama Papers) – Le Bénin a officiellement demandé, lundi à Paris, la restitution de 35 biens culturels et de fonds d’archives conservés dans les collections publiques françaises. Le dossier a été remis sur la table le 5 octobre 2026 lors de l’entretien entre le président Romuald Wadagni et Emmanuel Macron à l’Élysée — la première visite en France du chef de l’État béninois depuis son investiture, le 24 mai dernier, dans le cadre d’un déplacement de deux jours consacré au renforcement des relations entre Cotonou et Paris.

Parmi les pièces réclamées figurent des objets emblématiques. La statue du dieu Gou, divinité du fer, de la forge et de la guerre du royaume du Dahomey, pillée en 1892 lors de la prise d’Abomey par les troupes coloniales françaises et aujourd’hui exposée au Louvre. Cotonou en avait déjà demandé la restitution en 2016, sous la présidence de Patrice Talon. Le Bénin réclame aussi le siège du roi Toffa de Porto-Novo, un plateau de divination en bois sculpté du XIXe siècle (42 centimètres sur 31) conservé au musée du Quai Branly, le Fatê de Guèdègbé, objet spirituel lié au dernier pontife de la tradition du Fâ, et les portes du palais de Kétou.

Le gouvernement béninois avait installé en juillet un comité scientifique national chargé de consolider les arguments historiques, scientifiques, patrimoniaux et juridiques liés à ces 35 biens. Une commission scientifique conjointe franco-béninoise doit examiner chaque dossier de restitution. Et cette fois, le cadre légal joue en faveur de Cotonou : la France a adopté en mai 2026 une loi qui permet de restituer les œuvres par simple décret, sans devoir voter une loi spécifique pour chaque objet.

Pour mémoire, le 10 novembre 2021, le Bénin avait obtenu de la France 26 trésors royaux pillés en 1892, dont le trône du roi Ghézo, des portes royales et la statue du roi Béhanzin.

Au-delà de la culture, les deux dirigeants ont échangé sur l’énergie, la formation professionnelle et la sécurité : la France assure la formation de pilotes béninois d’hélicoptères et d’avions de reconnaissance, ainsi que de commandos et forces spéciales engagés dans la lutte contre le terrorisme dans le nord du pays — Cotonou et Paris maintenant toutefois qu’aucun soldat français n’est déployé au sol au Bénin. En marge de la visite, 65,44 milliards de Fcfa auraient été mobilisés en France, selon les médias béninois.

Le patrimoine africain rentre à la maison. Reste à savoir à quel rythme — et si Paris honorera cette fois la demande vieille de dix ans.

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