Home EconomieAfrique🇬🇦 Gabon | Pénurie de carburant : Libreville paralysée, l’essence à son tour en rupture

🇬🇦 Gabon | Pénurie de carburant : Libreville paralysée, l’essence à son tour en rupture

Depuis le 30 septembre, la capitale gabonaise manque de gasoil. Alors que le gouvernement promettait un retour à la normale dimanche, l'essence serait désormais elle aussi en rupture, selon des informations de Dépêches 241. Files interminables, taxis immobilisés, centrales électriques au ralenti : la machine économique tousse.

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Par Joël Onana

Libreville, 7 octobre 2026 (Panorama Papers) – Depuis le 30 septembre 2026, Libreville, la capitale gabonaise, connaît une pénurie de gasoil dont les effets ont touché toutes les couches sociales. Queues interminables devant les stations-service, transports immobilisés, foules immenses dans les grandes artères de la ville. Et pourtant, ce 5 octobre, non seulement la situation ne semblait pas revenue à la normale comme l’avait promis le ministère des Hydrocarbures, mais c’est l’essence qui serait à son tour en rupture, apprend-on de source proche du dossier — une information qui n’a pas été confirmée officiellement et doit être traitée avec prudence.

Dimanche 4 octobre, un navire chargé de gasoil importé avait pourtant accosté dans la nuit de samedi à dimanche, et les livraisons avaient commencé en fin de matinée. Mais la cohue devant les stations approvisionnées a vite épuisé les stocks. « C’est un soulagement. On a souffert ces deux derniers jours sans travailler », témoignait Seydou, un automobiliste rencontré par l’Agence gabonaise de presse, qui avait laissé son véhicule stationné deux jours faute de carburant. « Il faudrait qu’on nous explique pourquoi nous sommes en manque de gazole à Libreville. Ça ne s’explique pas. Nous sommes un pays pétrolier », s’insurgeait André Ayouné, usager.

Face à la forte demande, les stations ont instauré un rationnement : 20 000 Fcfa pour les véhicules, 10 000 Fcfa pour les bidons, selon un pompiste. Pas plus de 15 litres par client, selon les reportages. « Quand on donne 10 000 francs par personne. Moi, je suis taximan. Comment je fais pour m’en sortir dans ce cas ? »

Le mal dépasse les stations-service. La SEEG, la société d’eau et d’électricité, tire la sonnette d’alarme : ses centrales thermiques tournent au ralenti, et des délestages rotatifs menacent l’électricité et l’eau dans le Grand-Libreville et à l’intérieur du pays.

Le paradoxe est total : le Gabon, producteur et exportateur de brut, importe son carburant fini. La Sogara, l’outil de raffinage national, s’essouffle — activité en recul de 15,2 % au premier trimestre 2026, installations vieillissantes, pannes à répétition. Les navires attendent au large de Lomé, et les marketeurs privilégient les gros clients industriels.

Le gouvernement de Brice Oligui Nguema a mobilisé les réserves de la SGEPP et promis la fin du tunnel. Sur les prix, pas de hausse : le gasoil reste à 575 Fcfa, le super à 595 Fcfa — une stabilité financée par une enveloppe de subventions portée de 12 à 55,3 milliards de Fcfa en 2026.

« Ça touche au quotidien des Gabonais. On ne peut pas vivre sans eau, sans électricité, sans carburant », déplorait Jean Donga, président d’un parti politique. Les Gabonais attendent des actes. Et surtout, du carburant.

Sources : Agence gabonaise de presse.

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