Home SantéAfrique🇨🇲 Cameroun | À Mora, l’afflux de patients met les structures sanitaires sous pression

🇨🇲 Cameroun | À Mora, l’afflux de patients met les structures sanitaires sous pression

Dans l’Extrême-Nord du Cameroun, les déplacements de populations bouleversent aussi l’accès aux soins. À Mora, les formations sanitaires accueillent des patients venus de localités affectées par les violences, alors que les besoins médicaux dépassent déjà les capacités disponibles.

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Par Sandra Embollo

Dans le département du Mayo-Sava, de nombreuses familles ont quitté leurs villages pour rejoindre des zones jugées plus sûres. Ces mouvements, provoqués par les attaques, les enlèvements et les menaces de groupes armés, ont des conséquences directes sur les services essentiels, notamment la santé.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plusieurs localités des arrondissements de Mora et de Kolofata ont été touchées par des incidents en juin 2026. Des habitants de Tchakarmari, Ayouri et Limani, notamment, se sont déplacés vers Koré Centre, dans le Mayo-Kani. Au 22 juin, l’OIM recensait près de 950 personnes déplacées, accueillies dans des familles ou installées sur des sites spontanés.

Ces mouvements modifient également la fréquentation des centres de santé. À Mora, les établissements médicaux prennent en charge les habitants du secteur, mais aussi des personnes arrivées de localités où l’accès aux soins est devenu plus compliqué. Pour ceux qui vivent dans les secteurs les plus exposés, rejoindre un centre médical peut représenter une épreuve : les restrictions de déplacement, les difficultés de transport et la crainte de nouvelles attaques peuvent retarder les consultations et les prises en charge.

Un système de santé déjà sous tension

L’hôpital de district de Mora constitue notamment un établissement de référence pour une population confrontée depuis plusieurs années aux conséquences de la crise dans le bassin du lac Tchad.

Médecins sans frontières (Msf), présente dans le district depuis 2015, souligne les difficultés persistantes liées au manque de personnel, aux équipements insuffisants, aux épidémies et à l’insécurité alimentaire. En 2025, les équipes soutenues par l’organisation ont réalisé plus de 45 000 consultations ambulatoires et plus de 1 600 interventions chirurgicales d’urgence dans leurs zones d’intervention au Cameroun.

Le Comité international de la Croix-Rouge relève également les obstacles rencontrés par les populations de l’Extrême-Nord pour accéder aux services de santé. Les déplacements des ambulances et l’approvisionnement des établissements peuvent eux aussi être perturbés.

Mora, un pôle médical essentiel

Des investissements ont toutefois été réalisés pour renforcer l’offre de soins. L’hôpital de district de Mora dispose depuis mai 2024 d’un nouveau bloc opératoire construit et équipé avec l’appui de Msf. L’infrastructure comprend notamment une salle de réveil, une salle de soins intensifs et des équipements d’imagerie médicale.

Ces améliorations permettent de mieux répondre aux urgences, mais elles ne suffisent pas à absorber durablement l’augmentation des besoins.

À Mora, les structures médicales doivent ainsi répondre simultanément aux besoins des communautés locales et à ceux des familles ayant quitté leurs villages.

Dans cette partie de l’Extrême-Nord, la crise humanitaire se mesure aussi dans les salles de consultation, les services d’urgence et les blocs opératoires, où les besoins continuent de croître.

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