Home SociétéAfrique🇨🇲Cameroun | Éducation: Un syndicat de l’éducation de base écrit au chef du gouvernement pour dénoncer la piètre gestion des ressourcess humaines

🇨🇲Cameroun | Éducation: Un syndicat de l’éducation de base écrit au chef du gouvernement pour dénoncer la piètre gestion des ressourcess humaines

Dans une démarche qu'il qualifie de "républicaine", le Snicomp(Syndicat national des instituteurs contractuels et maîtres des parents) dénonce de nombreux manquements qui plombent considérablement la bonne marche du système éducatif dans le secteur de l’éducation de base. La correspondance du Snicomp est sur la table du premier ministre, Chief Joseph Dion Ngute, depuis ce vendredi, 18 septembre 2026.

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Par Serge Aimé BIKOI

Près de deux semaines après la rentrée scolaire 2026-2027, le Snicomp(Syndicat national des instituteurs contractuels et maîtres des parents) monte au créneau et fait le constat selon lequel “les ressources humaines sont gérées de manière inefficiente. Toute chose qui a contribué, depuis de nombreuses années, à créer un immense lot de frustrations qui détruisent, de jour en jour, l’engagement pédagogique et la conscience professionnelle”.

Voici une nomenclature non exhaustive des manquements répertoriés par Charles René Koung, président du bureau national du Snicomp!

  1. Nominations et affectations signées et publiées plusieurs jours après la rentrée scolaire alors que tout cela aurait dû être fait bien avant la rentrée administrative afin que chacun soit fixé sur sa situation au cours de l’année scolaire à venir.
  2. Nominations et affectations non maîtrisées avec certaines écoles totalement vidées en terme d’enseignants. C’est le cas de l’école publique Camp Bové 2 B en plein cœur de Yaoundé, dont les élèves passent des années blanches depuis 2024, faute d’enseignants.
  3. Nominations et affectations hyper centralisées avec pour conséquences plusieurs personnes nommées à un même poste ou une personne nommée à plusieurs postes.
  4. Dr Phd Peni (Professeurs d’écoles normales d’instituteurs), Paeni (Professeurs adjoints d’Ecoles Normales d’Instituteurs) maintenus dans les salles de classes en tant qu’instituteurs, faute d’avoir rempli les conditions exigées dans les réseaux mafieux pour être nommés ou mutés ailleurs.
  5. Dossiers de bonification d’échelons des Dr Phd non traités au Minedub (Ministère de l’Education de base).
  6. Nomination ou affectation des nouvelles recrues et autres dans les inspections, les délégations et au ministère, tandis que des enseignants de plus de 50 ans, affaiblis par les maladies dues au vieillissement sont encore dans des salles de classes. Ces nouvelles recrues, qui inondent ces institutions, ne vont, presque jamais, au travail, puisqu’il n’y a même pas de place pour s’asseoir. Pour les points (3 et 4), l’on note, à ce niveau, une violation flagrante de l’instruction N° 007/CAB/PM du 05 septembre 2001, relative aux critères de nomination des fonctionnaires des corps de l’éducation nationale à des postes de responsabilité. Les nominations au Minedub ne respectent pas les critères de grade, d’ancienneté et d’expérience professionnelle tels que mentionnés dans les articles 3 et 6 de cette instruction.
  7. Nominations très précipitées des Chefs Caf (Centres d’alphabétisation fonctionnelle) alors même que ces structures n’existent pas dans certaines localités. Plusieurs responsables de ces Caf sont en congé depuis plus de 3 ans.

Ce syndicat note, en outre, que l’éducation est une grande priorité nationale et nécessite une gestion bien maîtrisée des ressources humaines mobilisées par l’Etat pour offrir une meilleure qualité de la formation à la progéniture scolaire. À cause de ces manquements, des syndicalistes concluent à la thèse selon laquelle “l’accumulation des frustrations issues des injustices criardes est une bombe à retardement”.

Aussi le Snicomp ajoute-t-il que les Dr Phd, Peni et Paeni, qui exercent encore illégalement dans les salles de classes d’écoles primaires, comptent, d’ailleurs, se mobiliser, dans les prochains jours, pour faire entendre leurs voix.

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