Par Olovia Lemot
La mobilisation s’est déroulée dans un climat de forte tension, après plusieurs décisions judiciaires contradictoires sur cette marche protestante. Malgré une ultime autorisation accordée dans la nuit, les membres de l’Ordre d’Orange n’ont finalement pas emprunté Garvaghy Road, occupée par des habitants et des militants nationalistes.
Cette parade constitue l’un des symboles les plus sensibles des divisions entre protestants unionistes, favorables au maintien de l’Irlande du Nord dans le Royaume-Uni, et catholiques nationalistes, partisans d’une réunification avec la République d’Irlande.
Dans les années 1990, les tentatives de passage de l’Ordre d’Orange dans ce quartier majoritairement catholique avaient provoqué des affrontements et des violences dans plusieurs villes nord-irlandaises. Le parcours avait été interdit en 1998, année de la signature de l’Accord du Vendredi saint, qui a largement mis fin aux trois décennies de conflit connues sous le nom de « Troubles ».
L’Ordre d’Orange, qui tire son nom du roi protestant Guillaume d’Orange, présente ses défilés comme une expression de la culture protestante. Les habitants nationalistes dénoncent, de leur côté, une démonstration de triomphalisme destinée à intimider la communauté catholique.
La justice nord-irlandaise avait récemment annulé une précédente restriction imposée par la Commission des défilés pour des irrégularités de procédure. Cette décision a ravivé les craintes d’un retour des tensions sectaires autour de Drumcree et de Garvaghy Road.
